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🍀 Paternaliste mais presque

 



 



27 novembre 2020 /// L’actu des labos

Le répondeur
de TheMetaNews

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Lucile de TMN

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Quatre minutes de lectures non genrées.


La question du sexe des mentors est posée

Les jeunes chercheuses seraient moins « performantes » si elles ont été encadrées par des femmes. Faut-il pour autant prôner un encadrement masculin ?

Les chercheurs ne sont pas des anges.
Le choix de la question. Les chercheurs de l’universitĂ© New York d’Abu Dhabi – deux femmes et un homme pour les encadrer, ironie de l’histoire – ont dĂ©cidĂ© d’étudier la relation « mentor / protĂ©gĂ© » via l’analyse de millions de publications scientifiques dans toutes les disciplines. Leur critère pour en Ă©valuer la qualitĂ© ? Le nombre de citations du ou de la protĂ©gé·e une fois la pĂ©riode d’encadrement terminĂ©e. Simple.

Une publi polĂ©mique. PubliĂ© dans Nature Communications le 17 novembre, cet article conclut que l’encadrement par des chercheuses n’est pas la panacĂ©e et qu’au contraire, leur encadrement par des hommes serait la meilleure solution afin d’« Ă©lever le statut des femmes en science ». Il n’a pas fallu deux jours pour que l’éditrice, alertĂ©e par des lecteurs, prĂ©cise que le papier est sujet Ă  critiques.

La conclusion qui fait mâle. Les résultats de l’étude sont clairs : les jeunes chercheuses sont moins « performantes » – leur nombre de citations chute jusqu’à 35% – si elles ont été encadrées par des femmes plutôt que par des hommes. De plus, la charge d’encadrement semble impacter plus négativement les chercheuses que les chercheurs.

« Les auteurs ont ignoré tout le contexte et toute la littérature à ce sujet ! »

Chacun son interprĂ©tation. « Nous sommes d’accord sur le constat et ce n’est pas une nouveautĂ© : les femmes sont moins citĂ©es que les hommes », confie Luisa Maria Diele-Viegas, Ă  l’origine d’une pĂ©tition pour le retrait de l’article. En revanche elle s’oppose complètement Ă  l’interprĂ©tation des rĂ©sultats : « C’est bien plus complexe… Les auteurs ont ignorĂ© tout le contexte (harcèlement sexuel, pression sur les femmes dans l’acadĂ©mie) et toute la littĂ©rature Ă  ce sujet ! » 

Mais qui est lĂ©gitime ? Si deux des chercheurs sont informaticiens de formation, les auteurs nous l’assurent, l’une d’entre eux est bien sociologue. Tout en se dĂ©fendant de formuler des opinions, les chercheurs affirment qu’il faut non seulement retenir les femmes dans la recherche, mais Ă©galement maximiser leur impact – en terme de nombre de citations bien sĂ»r.

« Les hommes disent “let’s publish!”, les femmes prennent plus de temps pour encadrer »

Une approche plus humaine ? Une évaluation de la performance que dénonce également la postdoctorante d’origine brésilienne – mais elle n’est pas la seule. « Alors que les hommes disent “let’s publish!”, les femmes prennent plus de temps pour encadrer de manière informelle, tenant compte du bien-être et de la santé mentale. »

Toute une communautĂ©. Pour Florence Apparailly (voir sa tribune plus bas), l’usage du mot mentorat est dĂ©voyĂ©. Celui qu’elle pratique Ă  Montpellier (voir encadrĂ© ) est bien diffĂ©rent de l’encadrement par un directeur de thèse. D’autres rĂ©actions, notamment via Twitter et une lettre signĂ©e Charlotte Francesiaz et Olivia Mendivil Ramos, ont dĂ©cidĂ© l’éditrice de Nature Communications Ă  dĂ©marrer une enquĂŞte.

Un chiffre plutĂ´t qu’un long discours

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C’est la proportion de postdoctorants qui ne sont pas satisfaits par leur emploi, selon une étude menée par Nature auprès de plus de 7600 jeunes chercheurs de par le monde. Peu étonnant en ces temps de crise, les chiffres empirent par rapport à l’an dernier : plus de la moitié sont pessimistes quant à leur avenir. Notre enquête #ParlonsRecherche révélait quant à elle un taux de 71% de pessimistes parmi les postdocs français.

Un outil dans la boîte

Tester les prédateurs 

Cette nouvelle revue pourrait bien ĂŞtre prĂ©datrice…  Avant de soumettre votre article – et surtout de payer ! – faites-lui passer le test compass to publish. DĂ©veloppĂ© par l’universitĂ© de Liège mais encore en version bĂŞta, cet outil vous accompagne sur une vingtaine de questions afin de lever vos doutes !

Une tribune de… Florence Apparailly 

« Je ne me considère pas comme une activiste radicale mais je devais agir » 

Directrice de recherche Ă  l’Inserm, Florence Apparailly dĂ©nonce les inĂ©galitĂ©s subies par les femmes dans l’acadĂ©mie et propose des solutions radicales.

« J’ai moi-même vécu cette attention sexuelle indésirable, cette coercition, cette agression, notamment lors de conférences : le collègue qui vous passe la main dans le dos devant tout le monde alors que vous êtes assise dans un bar après une réunion, celui qui vous parle de manière paternaliste lors d’une session poster, ou pire encore celui qui met sa main sur votre cuisse pendant un dîner de gala et la laisse bien que vous ne cessiez de lui demander gentiment de l’enlever, en essayant de ne pas provoquer de scandale. Vous êtes entourée de collègues et vous ne voulez pas faire de scène, vous essayez donc de vous échapper du mieux que vous pouvez. Et ce n’est que la partie immergée de l’iceberg. »

Vous voulez lire l’intĂ©gralitĂ© ?

Du mentorat dans les universités françaises
A Montpellier, l’association Femmes&Sciences a été pionnière dans le mentorat de jeunes femmes en thèse. Depuis 2015, des chercheuses mais aussi des chercheurs, réunis autour de May Morris et de Florence Apparailly, accompagnent 50 doctorantes par an. A travers des rencontres mensuelles, le but est de guider les jeunes femmes dans leur parcours professionnel. Des groupes de paroles, des ateliers et des témoignages sont aussi organisés. Le principe s’est depuis décliné à Toulouse puis à Paris-Saclay.

Des outils basĂ©s sur l’Ă©coute bienveillance et le role model, qui semblent faire leurs preuves. Mais alors que certaines doctorantes viennent pour Ă©changer entre femmes – notamment lorsqu’elles viennent de disciplines majoritairement masculines – d’autres demandent Ă  ĂŞtre guidĂ©es par un homme pour apprendre les codes masculins de la recherche ! De quoi donner raison Ă  l’article qui fait tant polĂ©mique ?

 Des infos en passant  Femmes encore, c’était la 6ème journĂ©e nationale des missions Ă©galitĂ© de l’ESR vendredi dernier //////// Un rĂ©seau d’ingĂ©nieurs, d’universitaires et d’industriels tous unis pour le climat, c’est l’objectif affichĂ© d’Alumni for the planet, lancĂ© le 12 novembre //////// Pour dĂ©velopper des collaborations autour de la culture scientifique, soumettez votre appel Ă  communication avant le 1er fĂ©vrier 2021 auprès de Science&You (universitĂ© de Lorraine) ////////

On vous a transfĂ©rĂ© ce mail ? On est flattĂ©. On le serait encore plus si vous acceptiez de nous tester : cliquez ici ou rĂ©pondez “oui” Ă  ce mail.

 //////// Chercheurs, vous avez votre nuit, et c’est ce soir – depuis votre canapé bien sûr  //////// L’Institut Pasteur fait partie des meilleurs élèves français en terme d’open access d’après Clarivate //////// Femmes toujours, elles sont à l’honneur du festival XX elles organisé par le CNRS, en collaboration avec Femmes&Sciences ////////

Votre revue
de presse express

Vos cordes vocales sont prĂŞtes ? RĂ©agissez

Et pour finir…
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Le temps d’un tweet. Qu’est-ce la science pour vous ? Je vous vois venir, vous allez encore en faire des pages et des pages… Le chercheur Chris Ferrie vous met au dĂ©fi d’y rĂ©pondre en seulement 280 caractères.

 

 

 

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