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[TMN#24] Ca Fait Quoi De Recevoir Un ERC ?

 

Envie de tenter votre chance ?

Chercheur ou pas, vous pouvez vous mesurer à notre quiz “Connaissez vous un bon docteur ?”, qu’on a concocté avec Les Cartésiens. Histoire de lever quelques idées reçues sur le doctorat. Et il y en a.

Je tente le quiz !

Donnez-nous votre score sur Twitter ou Facebook et partagez à vos proches ! Ils vous étonneront peut-être.

A très vite,

Laurent de TheMetaNews

PS. Plus que quelques jours avant l’annonce des Nobels, alors vous aussi faites vos pronostics.



Où en est la mobilisation

Sauvons la recherche (SLR), Science en marche ou RogueESR : la recherche a toujours su nourrir la contestation quand elle était nécessaire. A l’aube d’une loi de programmation de la recherche (LPPR) et au lendemain de l’annonce d’un budget 2020 pour la recherche qui suit à peine le niveau de l’inflation, qu’en est-il ? Alain Trautmann, figure de la mobilisation SLR en 2004, doute de la volonté des chercheurs de battre le pavé, à l’aune des propositions des trois rapports préfigurant la LPPR, dont nous vous parlions dans [TMN#23] : « Si l’on veut renforcer l’individualisme, la servilité et la compétition de tous contre tous et détruire les possibilités de coopération et de solidarité, il faut en effet multiplier les primes [pour certains chercheurs, NDLR] ». Pour Patrick Lemaire, à l’origine du mouvement Science en marche de 2015, « d’autres formes d’action sont nécessaires. Le lobbying en fait partie car d’autres groupes de pression savent beaucoup mieux se faire entendre. Ainsi le Medef a obtenu le maintien du Crédit impôt recherche, malgré son inefficacité ». Ce dernier veut tout de même voir dans la remise des trois rapports un premier pas, sous forme de constat partagé, avec le gouvernement. Reste à en tirer des conclusions qui soient, elles aussi, partagées.

Un sucre avec votre reproductibili-thé ?

ReproducibiliTea est une initiative pour aider de jeunes chercheurs à créer des “clubs de lecture”. Pas de best-seller au programme, il s’agit de parler de reproductibilité ou d’open science. Créée début 2018 à Oxford, elle regroupe maintenant 34 clubs dans 13 pays. Mais aucun en France… Alors, pourquoi ne pas lancer un club dans votre ville ? Voici pour démarrer des conseils, du matériel de base à adapter (charte, templates…) et une biblio sur Zotero. A vous de jouer !

La loterie de l’ANR est ouverte

Vous l’avez-vu passer ? L’ANR Tour 2020 a pris fin cette semaine. Il visait à présenter le Plan d’Action de l’Agence pour l’année à venir. La première étape de l’Appel à projets générique (AAPG) 2020 de l’ANR est ouverte jusqu’au 24 octobre. La mission, si vous l’acceptez : résumer en moins de quatre pages votre futur projet, qui doit s’inscrire dans une des 49 thématiques ou des 4 catégories (jeunes chercheurs, collaboration nationale ou internationale, ou public-privé) prévues. Rendez-vous mi-février pour les résultats. Envie de jeter les dés (15,7% de succès en 2019) ?

« J’ai vu la réaction de joie de mes collègues »

Valentina Parigi fait partie des 32 lauréats de l’ERC Consolidator Grant 2018. Elle a reçu l’heureuse nouvelle en novembre dernier et la mise en place des financements se fait cette année.

TMN. Où étiez-vous quand les résultats sont tombés ? Comment avez-vous réagi ?
VP. J’étais au labo. J’ai vu la réaction de joie de mes collègues. Mais moi-même, sur le moment, j’ai plutôt ressenti de l’incrédulité. Honnêtement, je ne pensais pas que ça pouvait arriver : c’était une des premières années que je pouvais candidater au Consolidator Grant. Normalement, les chances augmentent quand on est plus proches du seuil supérieur [candidats entre 8 et 12 ans après la thèse, NDLR].

TMN. Qu’est-ce qui a été décisif dans votre candidature d’après vous ?
VP. C’est difficile à dire. Ce que je peux affirmer, c’est que le projet réunit deux thématiques différentes, celle des réseaux complexes et celle des systèmes quantiques, qui vont d’après moi se nourrir l’une de l’autre. Ça ouvre la voie à plein de possibilités que j’avais envie d’explorer dans ma recherche.

TMN. Deux millions d’euros, ça peut sembler vertigineux. Un peu d’appréhension ?
VP. En effet, lors d’une réunion des lauréats ERC, j’ai entendu une collègue dire qu’un projet pareil, c’est un peu comme gérer une PME : on achète du matériel, on embauche, on fait des plans à moyen et long termes… Il faut aussi vérifier régulièrement les objectifs et les résultats, et changer de stratégie au besoin. Donc forcément, ça génère un peu d’appréhension. Mais ce qui me rassure, c’est que les chercheurs de mon labo ont l’habitude de gérer des projets de cette taille. Et je suis extrêmement contente d’avoir cette possibilité d’organiser mon travail sur le long terme d’une façon cohérente. 

Propos recueillis par Lucile Veissier

Un petit webinar pour la route

Si l’utilisation de la p-value n’a plus de secrets pour vous, passez votre chemin mais si elle en a encore quelques-uns, ou si vous ne voyez pas de quoi nous parlons, vous êtes un bon candidat pour ce webinar le 9 octobre prochain en compagnie d’Ulrich Dinagl.

Notre revue de presse express

  • Retour parmi nous. Quitter un poste à Harvard et se retrouver sous le seuil de pauvreté suite à une attaque cérébrale, c’est l’histoire de la neuroscientifique Jill Bolte Taylor, qui raconte sa longue remontée des enfers dans cette interview à The Cut. (via Nature Briefings)
  • Recherche privée (d’indépendance). Cet article de The Conversation signée d’une spécialiste des biais en recherche insiste sur les risques de la part croissante des fonds industriels dans la science.
  • Suprême IBM. Oui Google semble avoir atteint la “suprématie quantique”, c’est certes impressionnant mais qu’est-ce que ce terme veut vraiment dire ? Son inventeur l’explique dans Quanta

ET POUR FINIR

Titulaire d’un IgNobel de la paix en 1996 pour la reprise des essais nucléaires à Mururoa, feu Jacques Chirac était plus connu pour son amour des arts premiers que celui de la physique fondamentale. On ne résistera donc pas à l’envie de vous montrer une dernière photo de lui arborant sa fameuse moue, lors de l’inauguration du synchrotron Soleil en 1996.

 

 

ERRATUM. Dans le rapport 2 pour la LPPR, analysé dans notre [TMN#23], les 100 millions d’euros par an correspondent en réalité à la somme estimée pour prendre en charge l’évolution de la masse salariale statutaire dans les établissements de l’ESR et non pas pour des contrats contractuels.