retour au blog
Blog

[TMN#22] Vous N’êtes Pas Des Apprentis Sorciers

 

Au commencement était un chiffre.

Plus d’un quart de notre objectif atteint sur Ulule en 72h, c’est quelque chose… et vous y êtes pour quelque chose.

Ce n’est évidemment que le début, nous ne relâchons pas l’effort, continuez à nous encourager !

A très vite,

Laurent de TheMetaNews

PS/ Vous le savez, la famille Curie nous est chère à [TMN], alors on fait un clin d’oeil au prix Irène Joliot-Curie, ouvert à toutes les femmes scientifiques. Participez jusqu’au 26 septembre.



Des ballons-sondes dans l’ESR

Le « sans tabou » est un élément de langage récurrent dans la bouche des politiques au moment d’annoncer une mesure qui fâche. La ministre de la Recherche Frédérique Vidal ne s’en est pas privé lors de son discours le 18 septembre au colloque du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres). En pleines discussions autour de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), elle a ainsi réitéré vouloir « remettre la recherche au coeur de la société » au prix de rouvrir des débats « sans tabous (…) y compris les plus sensibles, comme ceux sur la notation ou la cotation, même si note et cote ne sont pas une fin en soi »

Second ballon-sonde, lancé le même jour : un rapport fuité du ministère des Finances jusque dans Les Echos, présentant des pistes d’économies, dont la suppression de l’avancement à l’ancienneté dans les universités ou des « marges importantes » sur les départs à la retraite ou la régulation du temps de travail des enseignants, notamment. C’est lundi 23 septembre que les groupes de travail remettront au ministère de la Recherche leur rapport sur la LPPR qui resteront confidentiels, à moins de fuites organisées ou non, jusqu’à mi-octobre. 

Quand les prédateurs ont du cœur

La Peer review week bat son plein, on ne résiste donc pas à l’envie de vous présenter le résultat de cette étude parue dans Learned publishing, qui montre que, parmi les chercheurs “victimes” de revues prédatrices, 70% se félicitent tout de même du feedback de ces revues sur leur papier et, c’est le comble, un tiers ont trouvé le système de peer review « bon » voire « excellent ». Le panel de cette étude iranienne est vraiment restreint (80 répondants) mais les résultats interpellent tout de même. Et si vous vous posez la question de savoir comment être un bon peer reviewer, voici un “how to” complet sur le sujet.

« Les scientifiques ne sont pas fous, j’ai du mal à le faire comprendre »

Les discussions en cours autour de la loi de bioéthique en disent long sur le rapport des Français à la science selon Philippe Berta, un des rares chercheurs député à l’Assemblée nationale.

TMN. Le projet de loi contient des mesures pour faciliter la recherche, notamment sur les cellules embryonnaires, mais va-t-il assez loin ?
PB. Malgré ses avancées, je pense effectivement que cette loi ne prépare pas suffisamment l’avenir, il n’est pas insensé d’imaginer que dans les 5 ans, chacun puisse séquencer son génome en 2 heures chrono pour 50 euros. Il vaut mieux anticiper et il est de prime importance que cela soit fait “à la française” avec des banques de données comme le “health data hub”. Il nous faut accompagner les patients lors la révélation de certains résultats et, de manière plus pragmatique, conserver la maîtrise de ces données, que les grands groupes américains ne se gênent pas aujourd’hui pour revendre à “big pharma”.

TMN. On dit souvent que la recherche est le temps long mais pas en génétique apparemment…
PB. Sept ans entre deux lois de bioéthique, c’est effectivement long. Alors que de surcroît, on pourrait aller plus loin dans le diagnostic si la loi le permettait avec des outils déjà disponibles à l’heure actuelle, par exemple pour les porteurs sains de maladies comme la drépanocytose ou la mucoviscidose. En plus, la microfluidique est sur le point de tout révolutionner. 

TMN. Quels sont les freins ?
PB. J’entend beaucoup le mot d’eugénisme : il est utilisé à tort et à travers. Il suppose la volonté d’un tri massif à l’échelle d’une population, avec l’exemple de la seconde guerre mondiale en tête. Nous voulons simplement donner des solutions diagnostiques quand il n’y a pas de solutions thérapeutiques. Je note d’ailleurs que ceux qui crient à l’eugénisme sont généralement anti-IVG, alors que leurs opinions mènent justement à des avortements spontanés ou médicalisés. J’ai encore du mal à faire comprendre que les scientifiques ne sont pas des fous ou des apprentis sorciers. 

TMN. Les Français ont-ils un problème avec la science ?
PB. Notre pays est remarquablement “aculturé” dans ce domaine et il en va de même pour nos représentants nationaux. Il faut dire qu’en dehors de Paris et d’institutions comme la Cité des sciences ou le Palais de la découverte, vous pouvez sortir les rames pour faire de la vulgarisation. J’en sais quelque chose avec la création de l’Ecole de l’ADN. Cette absence de culture fait qu’on agite des peurs, voire des mensonges. Il a par exemple fallu que je fasse un cours à l’Assemblée sur la différence entre transgenre et intersexe, que tous les députés n’ont pas écouté d’ailleurs, pour éviter les amalgames et la récupération politique.

Propos recueillis par Laurent Simon
Photo Antoine Lamielle

Un Mooc sur l’éthique en passant   

Dans la série « c’est gratuit, c’est dans mes prix », on signale la mise en ligne d’un cours en ligne sur l’éthique en recherche par l’université de Lyon, à destination des étudiants en thèse (pour qui c’est obligatoire depuis 2016), des chercheurs, des citoyens, etc. On attend vos retours si vous en avez !

Notre revue de presse express

ET POUR FINIR

D’où vient cette couleur violette si profonde repérée au lever du Soleil par Glenn Randall, photographe amateur fin août dernier, lors d’une balade ? Réponse : de l’éruption d’un volcan russe deux mois auparavant, le Raikoke. Ce sont des chercheurs de l’université de Boulder (Colorado) qui lui ont apporté la réponse.