OutsideLab

Sonnez trompettes, résonnez tambours, voici la LPPR

 



 



10 juin 2020 /// L’actu de la profession

C’est l’hallali !
(Alala)

Ce devait être un dimanche soir comme un autre. Et puis non : une version presque définitive de la loi Recherche est tombée.

Alors on a fait notre devoir, on l’a lu, essayé de la comprendre et on vous en restitue les grandes lignes dans ce numéro très spécial.

Keep calm & science hard,
Laurent de TheMetaNews

PS. Le chercheur Samuel Alizon propose de ne plus répondre aux médias que par des réactions sur la LPPR, si vous êtes contactés. Chiche.

Si vous n’avez que 30 secondes


A partir d’ici 4′ de lecture les pieds sur Terre.

La loi Recherche descendue du ciel

Après des mois d’attente, le texte de la LPPR a (enfin) été publié. Analyse.

Toute ressemblance, blablabla
Cinq grands chapitres et 24 articles. Avec sa publication surprise il y a 72 heures, la loi Recherche — attendue depuis des mois — déboule dans un calendrier politique chargé. Voici un récapitulatif le plus succinct possible de ce texte. Pas de surprises (bonne ou mauvaise) ne sont à signaler par rapport aux versions qui circulaient jusqu’alors, sauf un contrat doctoral dans le privé (art.4) dont nous vous reparlerons vite.Contre la montre. En revanche le timing plus que serré de la présentation aux syndicats fait énormément parler (voir plus bas ). Cette préversion est flanquée d’un rapport annexe de 47 (!) pages, consensuel et instructif ; on en a classé les principales mesures par ordre décroissant de polémiques actuelles ou à venir.

Les “tenure track à la française” ou “chaire de professeur junior” (art.3): cet itinéraire “bis” pour la titularisation — d’une durée de trois ans minimum, six ans maximum — serait limité à 25% (c’est nouveau) des effectifs dans le corps concerné.
Les “CDD de chantier” (art.4), qui prennent le nom de “CDI de mission scientifique” (on vous a déjà beaucoup parlé), seraient entérinés : pour rappel, il s’agit d’un poste sans durée fixe, destiné à couvrir la durée d’un financement ou d’un projet et qui s’arrêterait une fois la mission effectuée.
Les budgets de l’ANR. A terme (en 2027), c’est un milliard d’euros en plus qui seront alloués tous les ans à l’Agence nationale de la recherche (art.11). Ce qui fait polémique est l’extension du système d’appels à projets dans la recherche. Une nouveauté : l’ANR devra motiver ses refus (avec un diagramme de Gantt ?).
Des intéressements supplémentaires. En vertu de l’article 11 des intéressements « permettant d’améliorer la rémunération des personnels » pourraient être mis en place par les établissements.
Une extension du domaine de l’évaluation : le texte (art.9) aborde — très rapidement — l’évaluation des établissements en étendant les compétences du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres). Il faudra attendre pour en savoir plus.
Des revalorisations à géométrie variable. Partant du constat que les chercheurs français sont sous-payés (ce qui est vrai), le projet (art.1) veut revaloriser tout particulièrement les chercheurs et enseignants-chercheurs.

Parlons sous. Le texte entérine également les annonces présidentielles du 19 mars dernier, avec près de 25 milliards en plus sur dix ans… mais seulement 400 millions en 2021, si on met de côté l’aérospatiale (voir encadré ), ainsi que de très nombreuses autres dispositions, comme le maintien en fonction des lauréats de grands appels à projet au-delà de la limite d’âge (art.8).

Nous reviendrons dès lundi prochain sur les mesures propres à la recherche publique-privée (dont les contrats doctoraux de l’article 4) et à l’innovation dans notre premier numéro de BeyondLab. Patience.

Un budget aérospécial
Ariane fait-elle les frais de la LPPR ? En effet dans la version de la loi publiée dimanche, le budget aérospatial est amputé de 285 millions d’euros en 2021, au contraire des autres lignes budgétaires, abondée de près de 400 millions d’euros, conformément aux promesses — jugées insuffisantes —, du gouvernement. Il s’agit en réalité d’un « trompe-l’œil » dû à l’apurement de la dette française ces dernières années envers l’Agence spatiale européenne (ESA), qui a fait artificiellement gonfler cette ligne budgétaire (le programme 193 pour les intimes).

Des infos qu’il vous faut /////////// Entre deux articles de la loi Recherche, lisez cet enquête de Scholarly kitchen sur l’investissement des éditeurs scientifiques dans les preprint. The times, they’re a-changin’ /////////// Springer Nature veut laver plus blanc que blanc en signant Dora, qui vient d’édicter de nouvelles règles (nous vous en parlions/////////// Toujours du côté des éditeurs, Elsevier a signé un accord Read&publish avec la Suisse ///////////

La LPPR provoque des réactions en chaîne

L’accélération du calendrier met syndicats et militants au pied du mur.



Sortez le compteur Geiger

C’est l’heure de vérité. Aux lendemains de la présentation surprise du texte de la loi recherche aux syndicats, l’heure est à la colère avant sa présentation — obligatoire mais consultative — au Cneser le 12 juin prochain (mais qu’est-ce que le Cneser ?) et au CTMESRI (plait-il ?) cinq jours après. Dans sa missive aux syndicats, Frédérique Vidal s’est en revanche retenue d’inscrire noir sur blanc le 08 juillet comme date de présentation au conseil des ministres et reconnait qu’aucune fenêtre de tir n’est pour l’instant disponible au Parlement.

Remaniement en arrière plan. On pourra glosser longtemps sur les raisons de cette accélération soudaine, alors qu’un remaniement ministériel point à l’horizon… et que Frédérique Vidal ne rempilerait pas. Les premières dispositions budgétaires pourraient être adoptées avec le budget 2021 et le reste de la loi voté plus tard. En attendant, la mobilisation anti-LPPR, éprouvée par le confinement, arrivera-t-elle à reprendre le dessus ?

Un chiffre en avant-première !

32 %

des chercheurs répondants à l’enquête Parlons recherche (près de 2000 participants déjà !), n’ont pas participé à la mobilisation contre la loi Recherche par « manque de temps » (plusieurs réponses étaient possibles).

Journal officiel, au rapport ! //////// Une mesure Covid : les mandats des membres des conseils et chefs d’établissement ont été prolongés jusqu’au 30 novembre prochain dans certains cas //////// En cas de remords des candidats, les modalités de passage en deuxième année d’étude de santé sont aménagées //////// Concours (et Covid) toujours, il s’agit cette fois des modalités de l’agrégation qui sont modifiées en droit public :  //////// Etudes de santé encore : cette fois-ci des aménagements sur le troisième cycle de médecine ////////

On vous a transféré ce mail ? On est flatté. On le serait encore plus si vous acceptiez de nous tester, cliquez ici ou répondez “oui” à ce mail.

Concours (pas de circonstance) //////// L’institut Gustave Eiffel ouvre des concours internes d’assistants ingénieursd’ingénieur d’études de classe normale, d’ingénieur de recherche de 2e classe mais aussi des concours externes d’assistant ingénieurd’ingénieur de recherche de 2e classe //////// Au tour de l’Institut de Recherche et de développement (IRD) de recruter des ingénieurs de 2e classe, des ingénieurs d’étude de classe normale, des assistants ingénieursdes techniciens de la recherche de classe normale, des ingénieurs de recherche de 2e classe, des ingénieurs d’étude de classe normale, des assistants ingénieurs et, last but not least, des techniciens de recherche de classe normale ///////

Et pour finir


On voulait parler de cette mobilisation mondiale autour de “Black lives matter” et puis on a dégoté cette photo d’Albert Einstein expliquant la relativité à des étudiants noirs à l’université de Lincoln… en 1946 ! (l’histoire en vidéo, c’est par ici).

 

 

 

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