OutsideLab

Re : Je n’ai rien compris à la LPPR

 



12 février 2020 /// L’actu de la profession

Garanti
sans spoiler

Si le sujet n’était pas aussi grave, on s’amuserait presque des trop nombreux rebondissements qui préludent à la sortie de la Loi recherche. Entre manifestations, « rumeurs » et espoirs, il y a tous les ingrédients d’une bonne série à suspense.

On vous compacte tout ça dans une news qui fera office de résumé de la saison 1. Impossible de vous divulgâcher (oui, oui) la fin, on ne la connait pas nous-mêmes. 

Bonne lecture,
Laurent de TheMetaNews

Si vous avez manqué le début
Le pilote de cette série haletante débute le 1er février dernier avec un discours d’Edouard Philippe devant les directeurs d’unité du CNRS. Il y annonce pour la première fois la volonté du gouvernement de donner du « temps, des moyens et de la visibilité » aux chercheurs, ce qui sera l’antienne du gouvernement depuis lors. Il y annonce également un calendrier serré, avec une présentation de la loi avant fin 2019. Ce calendrier ne sera pas tenu, comme vous vous en doutez.


A partir d’ici 4′ de lecture sans bassesses


On rembobine
la Loi Recherche

Un an après sa première évocation, TheMetaNews fait le point pour vous sur cette Arlésienne qu’est devenue la LPPR. 

Au village, sans prétention, elle a mauvaise réputation. La loi de programmation pluriannuelle de la recherche fait en effet presque l’unanimité contre elle, sans que le texte de loi ne soit officiellement connu. Après moult reports, il devrait l’être fin mars début avril pour un passage à l’Assemblée et au Sénat avant l’été, comme l’a assuré la ministre de la Recherche devant les directeurs d’unité du CNRS le 06 février, malgré un calendrier parlementaire surchargé. De très nombreuses préversions de la loi circulent, attisant les craintes. Si rien n’est avéré aujourd’hui, certaines mesures y seront à coup sûr :

  • Des “tenure track” à la française, appelées chaires de professeur junior ;
  • Le CDI de mission scientifique ou “CDI de chantier” pour les intimes (déjà en place dans certains instituts) ;
  • Une réforme de l’évaluation des équipes et des laboratoires (attention au retour des notes) par le Hceres ;
  • Des taux de succès aux appels d’offre de l’Agence nationale de la recherche portés à au moins 20% grâce à un financement ad hoc ;
  • Un assouplissement (d’aucuns diraient une dérégulation) du cumul d’activité pour les chercheurs ;
  • Une revalorisation des chercheurs et enseignants chercheurs en 2021 à hauteur de 92 millions d’euros, même si de nombreuses questions persistent.

En toile de fond la promesse, jamais tenue depuis vingt ans, que la France consacre 3% de son PIB à la recherche, dont 1% à la recherche publique à l’issue des sept ans de cette loi de programmation. Sept ans, sept saisons de la série LPPR ? Rien n’interdirait de la déprogrammer dans l’intervalle.

Ca vous fait réagir ? Nous le publierons.

Attention citation

« La Loi recherche est parasitée par ce qui devrait pourtant être le plus éloigné du monde de la recherche: les rumeurs. » 

Frédérique Vidal entame une contre attaque de com’ face à l’opposition massive à “sa” loi recherche.

Des infos en passant //////// Le commissariat à l’énergie atomique a rendu son verdict dans l’affaire Anne Peyroche : deux semaines de mise à pied à l’encontre de l’ex-patronne du CNRS //////// Encore un appel au secours pour l’édition scientifique française, cette fois de la part de ses représentants, le Syndicat national de l’Edition et de la Fédération nationale de la Presse d’Information Spécialisée //////// Si l’article ci-dessus ne vous a pas rassasié, lisez cet excellent post de David Monniaux, qui étrille notamment les financements sur projet  //////// 37 instituts Carnot seront labellisés en 2020 pour une durée de quatre ans, annonce le ministère de la Recherche, et deux pour une période probatoire de 18 mois //////// Une semaine, un rapport : celui-ci, sur la « rupture technologique », a été rendu le 7 février à Frédérique Vidal et Bruno Le Maire et pointe quelques 22 marchés porteurs, dont dix prioritaires (voir tableau page 8) ////////

Il y a du monde
à la tribune



Si la mobilisation se mesurait au nombre de tribunes publiées, février 2020 aurait tout d’un mai 68 de la recherche… Ce ne sont pas moins de cinq tribunes à propos de la LPPR parues dans Le Monde (derrière un paywall malvenu), dont une de Frédérique Vidal herself, qui sont venues pimenter le débat en ce début de mois de février fiévreux (big up pour l’allitération). On les a classées par pure taquinerie de la plus “LPPR compatible” à la moins “LPPR compatible” : 

  1. Tout d’abord, of course, celle de Frédérique Vidal elle-même : « A mes collègues scientifiques, je veux dire que le gouvernement a entendu leur appel à réinvestir massivement dans la recherche » ;
  2. Le texte de Philippe Froguel : « Vite une loi pour une science française productive, imaginative et compétitive », qui répond d’ailleurs à la numéro 4 de notre classement ;
  3. L’analyse de Christine Musselin : « La Loi de programmation pluriannuelle pour la recherche ne doit pas consacrer une seule forme d’excellence » ;
  4. La diatribe de 700 directeurs de laboratoires : « Notre politique de recherche serait-elle faite par et pour 1 % des scientifiques ? » ;
  5. Une charge d’un collectif de chercheuses et d’universitaires spécialistes du genre : « Une réforme néolibérale contre la science et les femmes ».

Une semaine de Journal officiel en douze lignes (ça s’agite au JO) //////// Sont nominés à la fonction de recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation : Gabriele Fioni (Auvergne-Rhône-Alpes), Fabienne Blaise (Grand Est), Marie-Elisabeth Borredon (Hauts-de-France), Simone Bonnafous (Île-de-France), Claudio Galderisi (Nouvelle-Aquitaine), Philippe Dulbecco (Provence-Alpes-Côte D’Azur), Khaled Bouadballah (Occitanie)  //////// Toujours des nominations mais cette fois au Conseil national de la recherche scientifique (CoNRS), celles de Juan-José Hernandez-Rey et Marc Gessner //////// Une volée de nominations également au sein du conseil d’administration du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) //////// Et on termine cette semaine chargée en nominations par celle de nombreux heureux et heureuses au poste de professeur des universités //////// That’s all, folks ////////

Les appels à projets
de la semaine

Et pour finir

C’est joli, n’est-ce pas ? Cassons le suspense : il s’agit d’une infographie présentant les principaux domaines de recherche des thèses en 2018. Où l’on voit que les mathématiques et sciences de la nature pèsent leur poids, suivi des technologies. Voir le graphique animé (et plus complet).

 

 

 

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