InsideLab

Open access mais pas open bar

 

 



31 janvier 2020 /// L’actu des labos

Insatisfaits
mais 
accros

Les chercheurs ont du mal à se défaire de leurs mauvaises habitudes, quand il s’agit de publier : la notoriété et le facteur d’impact restent les critères principaux de choix de la revue pour 80% des chercheurs, selon une récente étude du consortium Couperin. On vous en dit plus dans la news

Et l’open access dans tout ça ? Dans cette même enquête, ce critère est considéré comme important dans seulement 20 à 40% des cas, selon les disciplines, la palme revenant aux matheux.

Et vous, êtes-vous open ?

Bonne lecture,
Lucile de TMN

Si vous n’avez que 30 secondes

• Les dessous de l’enquête Couperin
Un petit chiffre sur l’open access
• Un outil pour se voir aussi beau qu’on l’est
• On a trouvé un doctorant heureux !
• Votre revue de presse express


A partir d’ici 4′ de lecture. A tout de suite.

Couperin joue
sa partition 

Le consortium sort une enquête plus que complète sur les opinions et les pratiques des chercheurs quand il s’agit de publis. Analyse.

Faire une enquête sur les pratiques de publication, c’est s’exposer à quelques doléances. « “Vous n’aurez que l’avis des râleurs”, m’a dit un employé de Springer lorsque nous avons lancé l’enquête », raconte Françoise Rousseau-Hans, co-auteure du rapport du Consortium Couperin sur ce sujet, paru le 23 janvier. Cette initiative n’est pas innocente, puisque ce dernier coordonne l’ensemble des négociations avec les éditeurs scientifiques pour la France. « Nous avons récolté presque 12 000 réponses, soit environ 10% de la communauté », dit Françoise Rousseau-Hans, et presque autant de verbatims de la part des intéressés. Pas que des râleurs, donc. Mais beaucoup d’insatisfaits en revanche : plus de 85% des sondés déplorent notamment le rapport qualité-prix des éditeurs “traditionnels”. Un modèle que vient bousculer le mouvement d’open science, prônée par la puissance publique, ministère en tête.

Objectif open
Or dans un avis mis en ligne début janvier, le Comets (comité d’éthique du CNRS) titillait justement le consortium Couperin sur ce point : « [Les négociations du consortium] ne semblent pas se situer d’emblée dans une perspective de science ouverte ». Il souhaitait également la transparence des discussions financières entre Couperin et les éditeurs. Françoise Rousseau-Hans s’inscrit en faux et se dit très en faveur de l’accès ouvert : « L’enquête nous donne plus de force pour les prochaines négociations, le but étant de développer le libre accès sans augmenter les dépenses ». En tous cas, si le consortium voulait sonder les chercheurs sur leur capacité à critiquer les géants de l’édition, la mission est accomplie.

L’étude Couperin en trois faits

>> La publication en open access est répandue dans les sciences du vivant ou la médecine (29% répondent “souvent”) ; beaucoup moins en chimie (7%) ou en sciences de l’ingénieur (5%).

>> Moins de 5% d’entre vous paient pour se procurer un article quand il n’est pas disponible ! « Les sites illégaux » (Libgen ou SciHub) sont plébiscités par les moins de 35 ans.

>> Les preprints concernent près d’un tiers des chercheurs, surtout en mathématique (80%) loin devant l’informatique, la physique ou l’économie.

Des infos en passant //////// Les chiffres sur les sciences et l’ingénierie aux Etats-Unis, publiés par la NSF (National Science Fondation) sont dispos //////// Découvrez CRediT, un outil pour identifier le rôle de chacun des auteurs, sur le blog LSE Impact //////// Une nouvelle étude néo-zélandaise met en lumière les inégalités que subissent les femmes dans la recherche //////// Au Royaume-Uni, les chercheurs se sentent en insécurité par rapport à leur emploi, révèle une étude de Wellcome ////////

Une question sur votre abo ? Notre FAQ est là pour ça.

Un chiffre

+10 points

Le pourcentage de publications en accès ouvert passe de 41% à 51% entre septembre 2018 et décembre 2019, d’après la toute nouvelle édition du baromètre science ouverte.

Miroir,
mon
beau miroir

Toi aussi, visualise ton impact. Cet indicateur de scientométrie vous permet de visualiser la portée de vos publications sur la base des données ouvertes. Il suffit de rentrer la DOI d’un de vos papiers. Développé par le TIB de Leibniz, cet outil est personnalisable selon vos besoins.

Trois questions à…

« Il n’y a pas de tabou
avec mes encadrants »

Vous souvenez-vous de votre premier article en premier auteur ? Retour sur cette étape cruciale dans la carrière d’un jeune chercheur avec le chanceux chimiste Romain Tavernier.

Comment la décision que vous soyez premier auteur a été prise ? Est-ce que cela a créé des tensions dans le groupe ? Cela n’a posé aucun problème. Mes encadrants (j’ai deux directeurs de thèse et un encadrant dans l’industrie) m’ont toujours laissé très libre de mes collaborations. J’ai été 100% acteur du projet : c’est moi qui ait décidé du sujet et des co-auteurs de l’article, et j’ai pu en discuter sans tabou avec mes encadrants.

Qu’est-ce que ça représente pour vous ? Cet article, c’est l’opportunité d’avoir un regard extérieur sur mon projet. En recherche, on travaille beaucoup en vase clos, et je n’ai que le retour de mes directeurs de thèse. La relecture par les pairs permet de se confronter à l’avis de la communauté, encore plus qu’une présentation orale en conférence qui peut s’avérer frustrante lorsqu’elle ne suscite pas de questions.

Avez-vous déposé le preprint sur une plateforme ? Non, cette pratique est malheureusement peu connue dans ma communauté [la chimie des polymères, NDLR]. Comme le projet est une collaboration avec des industriels, je n’ai pas les mains libres et l’autorisation prend autant de temps que le processus de peer-review. Mais je déposerai un postprint sur HAL.

Ca vous fait réagir ? On le publiera.

Votre revue
de presse express

Et pour finir…

Ce n’est pas de l’or, c’est la surface du Soleil ! Ces toutes nouvelles images, les plus détaillées de la surface de notre étoile et de son magma en fusion, ont été produites par le télescope Inouye. (crédit photo NSO/AURA/NSF)

 

 

Quoi de mieux pour finir la semaine qu’un podcast signé TheMetaNews ? Et si ça parle de la place des femmes dans la science et que vous pouvez savourer la douce voix d’Elodie Chabrol, c’est encore plus convaincant, non ?

 

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