InsideLab

Mais qui est Camille Noûs ?


 



Mondoctorat.info connait un super départ ! Si vous ne connaissez pas encre cette initiative lancée avec le Réseau national des collèges doctoraux, cliquez sur le chapeau.

17 avril 2020 /// L’actu des labos

L’espoir
de ressortir

La perspective du déconfinement après le 11 mai nous aide à nous projeter, même si les modalités restent encore très floues — Laurent vous en dira plus dans [OutsideLab] mardi prochain.

En revanche, les chercheurs continuent les efforts autour du Covid-19, pour modéliser la propagation de l’épidémie ou dans l’espoir de découvrir un vaccin. On peut donc toujours rêver d’une sortie plus sereine de cette crise !

Bon courage et bonne lecture,
Lucile de TMN

Si vous n’avez que 30 secondes

• Le collectif avant tout avec Camille Noûs
• Les dernières nouvelles de l’ami Raoult
Jean-François Eleouët déconfiné pour lutter contre le covid-19
Un outil pour être open très rapidement
• Votre revue de presse express


A partir d’ici 5′ de lecture. A tout de suite.

Laissez-nous vous présenter Camille Noûs 

Cette illustre inconnue, en réalité une initiative de RogueESR, veut à elle seule incarner le collectif dans la recherche. Voici comment.

Ce visage est un mélange de dizaines de femmes 
Vous allez entendre parler de Camille. Cette action, lancée par le collectif RogueESR, l’a été afin d’« affirmer le caractère collaboratif et ouvert de la création et de la diffusion des savoirs ». Elle consiste à ajouter Camille Noûs à la liste d’auteurs de vos publications, à la position que vous souhaitez. Elle a même une affiliation : le laboratoire Cogitamus, « nous pensons », pour les non latinistes qui nous lisent (on en fait partie).

Une identité qui vient de loin. Camille, un prénom utilisé couramment dans les ZAD, signera donc potentiellement beaucoup d’articles ! Aura-t-elle pour autant un fort h-index ? Cela ne l’intéresse guère… Car si l’on en croit sa biographie, « elle est insensible aux indicateurs élaborés par le management institutionnel de la recherche ». Héritière de la philosophie antique, son nom de famille est en effet synonyme de raison et d’intellect pour les Grecs anciens.

Les premiers papiers arrivent. Camille Noûs, déjà spécialiste du moyen-âge castillan, commence à s’immiscer en physique. On signale en effet une première publication sur arXiv grâce à des chercheurs de l’université de Lorraine. Stéphane André, premier auteur de ce papier,  voit en Camille Noûs une bonne manière d’« aborder ces questions politiques », souvent tues, avec les autres membres du labo. 

Confinés mais pas seuls //////// Un projet de recherche participatif sur des témoignages oraux de confinés, ça vous intéresse ? //////// Besoin de parler de votre thèse ? Visitez donc ce groupe Facebook créé par Christophe Cousi //////// On a tous eu à se plaindre d’un reviewer qui ne répond jamais ou à côté de la plaque. Venez trouver du réconfort dans ce groupe Facebook reviewer 2 must be stopped ////////

Derniers avis
avant rétractation ?

Impossible d’être passé à côté, ce très controversé article par Didier Raoult et ses collaborateurs fait toujours parler de lui. Après une première remise en cause des méthodes utilisées, Elsevier déclare maintenant qu’une « relecture additionnelle et indépendante par les pairs est en cours afin d’établir si les inquiétudes à propos du contenu de l’article sont justifiées ».

L’article sera-t-il retiré si tel est le cas ? En principe, c’est l’éditeur de la revue qui décide du retrait d’un article, après discussion avec la maison d’édition. Mais ici la situation est tout sauf simple. D’abord parce que la revue International Journal of Antimicrobial Chemotherapy est détenue à moitié par Elsevier et par la société ISAC. Ensuite parce que l’éditeur en chef de la revue n’est personne d’autre que Jean-Marc Rolain, co-auteur du papier…

Un outil vraiment pas inutile

Open plus vite que son ombre

Pour ceux qui ne déposent pas leur papier sur HAL ou une autre plateforme de preprint (mais qui devraient certainement !) ou tout simplement qui ont envie de partager rapidement leurs articles d’une autre manière : testez Shareyourpaper.org. Ses créateurs en vantent la facilité d’utilisation : il suffit d’entrer le DOI de votre papier, d’y “téléverser” (oui, oui) le PDF et Shareyourpaper vous aidera même à déterminer si c’est légal vis-à-vis des maisons d’éditions.

Des infos en passant //////// Vous cherchez les derniers articles sur Covid ? Cette collection ultra-complète montée par quatre amis du CHU Grenoble est pour vous //////// Paper2repo, c’est un tout nouveau système pour l’élaboration de manuscrit avec GitHub //////// Plus efficace que le peer-review, le peer-review assisté par une intelligence artificielle ? Peut-être bien que oui //////// Des chercheurs espagnols mettent en accès libre le plan pour imprimante 3D d’un respirateur, testé sur un cochon  //////// L’Ena s’ouvre aux docteurs en sciences humaines et sociales : les dossiers sont à rendre le 30 avril. Le physicien Quentin Glorieux, admis l’an dernier, racontait le concours à TheMetaNews, même si il n’y est finalement pas allé. Pas si mal, la recherche…   ////////

« Dans l’action, on stresse moins qu’à la maison »

Après huit ans de recherche sur les coronavirus porcins à l’INRA (aujourd’hui Inrae), il était passé à autre chose… Jean-François Eleouët est aujourd’hui remonté au front.

Comment s’est opéré ce retour aux coronavirus pour vous ? Je les connaissais bien car j’avais été recruté à l’Inra pour travailler sur leurs versions porcines, avant le projet soit arrêté en 2000. Quand j’ai vu émergé le Covid-19, je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose. J’ai donc répondu à l’appel à projet Reacting pour travailler sur des outils permettant de développer des antiviraux. Dans l’urgence, ils n’ont demandé qu’un projet de trois pages. Je l’ai envoyé le vendredi et j’ai eu l’argent (30 000 €) le lundi d’après ! Beaucoup de gens se sont jetés sur cet appel à projet, qui n’est pas très bien coordonné. On ne sait pas bien qui fait quoi, il y aura sûrement des redondances.

Quelles conséquences a eu le confinement ? J’ai reçu l’autorisation pour travailler sur le Covid-19 le 30 mars mais parmi les dix personnes de l’équipe, nous ne sommes que deux à être autorisés à venir au laboratoire : un ingénieur d’études qui travaille sur les manips et moi-même. Avec le reste de l’équipe, on se tient au courant, on se parle via Zoom mais c’est frustrant pour eux. Tout le monde en a marre de rester à la maison, on ressent le besoin d’être utile.

Travaille-t-on différemment dans ce contexte de crise ? Le laboratoire est vide, donc on a facilement accès à toutes les machines et on a du stock de matériel. On travaille calmement, étape par étape. J’essaie de suivre les autres travaux sur le Covid-19 mais il y a énormément d’articles qui sortent, ce n’est pas facile. Mes travaux n’apporteront peut-être pas la solution mais il faut essayer. La situation est exceptionnelle et ce ne sont plus nos petites carrières qui comptent. En tous cas, je suis content d’être dans l’action, on stresse moins que d’être dans l’attente à la maison.  

Votre revue
de presse express

Et pour finir…

Préparez-vous, voici ce qui pourrait vous attendre à la rentrée de septembre ! On vous entend déjà râler… Vous préférez ça ou Zoom ?

 

 

 

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