InsideLab

L’inventeur Du H-Index Parle

 



10 janvier 2020 /// L’actu des labos

Génies ou
êtres humains ?

Le biopic de Stephen Hawking a été rediffusé sur le petit écran en ce début d’année. Ridicule avec ses histoires d’amour ? Le film montre pourtant l’aspect tellement humain du physicien : sa maladie, ses passions, ses défauts. Parfait pour se mettre le grand public dans la poche 😉

Et comme tous les humains, les chercheurs font aussi des erreurs. Mais l’important est de le reconnaître, peu importe sa notoriété. Un bel exemple cette semaine avec la prix Nobel de chimie 2018 (qui fait faire l’amour a ses molécules, paraît-il au passage).

Bonne lecture,
Lucile de TMN

PS. Vous avez déjà eu les vœux de toute l’équipe mais je vous souhaite en mon nom une très riche année 2020 !

Si vous n’avez que 30 secondes

• Un brief sur une Nobel intègre
Un outil pour générer des slides sans inspiration
• Un chiffre sur les éditeurs en libre accès
• L’interview de l’inventeur du h-index
• Votre revue de presse express
• Et pour finir… au cœur de votre cerveau


A partir d’ici, 4′ de saine lecture.

Frances Arnold,
prix Nobel d’intégrité 

La nouvelle a fait grand bruit en ce début 2020la prix Nobel Frances H. Arnold a demandé le retrait de son article paru dans Science en mai 2019. Professeure à Caltech et spécialiste de l’évolution dirigée des enzymes, elle l’a annoncé publiquement sur Twitter le 2 janvier. Dans le communiqué de la revue Science, elle et ses deux collaborateurs précisent qu’ils n’ont pas pu en reproduire les résultats et que certaines données sont en réalité manquantes. De son côté, la chimiste récompensée en 2018 avoue avoir été très occupée par l’après prix Nobel et « ne pas avoir bien fait son travail ».

Une haie d’honneur
Faute avouée à moitié pardonnée, sa sincérité a été accueillie très chaleureusement par de nombreux commentaires la remerciant, voire la félicitant, pour sa franchise et son intégrité. Contactée par email, elle nous fait part de ses sentiments : « Retirer un article ne devrait pas être si difficile, et ne devrait pas être considéré comme un acte de bravoure ». Pour elle, les réactions montrent que « la peur de ne pas bien faire est très présente, surtout chez les jeunes chercheurs ». Mais, conclut-elle, « la prise de responsabilité est toujours très appréciée par la plupart des gens ».

Des infos en passant //////// On évalue tout, même la fête de la science, dont voici le bilan 2018 par le ministère //////// Le nouveau passeport docteur de l’ANDès pour entrer dans la vie post-doctorale est disponible ! //////// La traque des auto-citations est en marche sur bioRxiv //////// Les droits des précaires, un manuel essentiel //////// Comment devenir un détective des statistiques //////// Trois ans de prison pour le père des bébés “CRISPR” //////// L’offre d’emploi la plus drôle que vous ayez lu depuis longtemps est parue //////// 

Des présentations en pilotage automatique

En manque d’inspiration pour la présentation de vos travaux ? Des chercheurs ont développé un générateur de slides automatiques ! Vous pouvez même jouer avec le code (python) si le coeur vous en dit.

Un chiffre

50%

des revues en libre accès sont publiées en Europe (dont 64 % sont sans frais ou APC), alors que l’Amérique du Nord en détient seulement 8 %. Cette étude réalisée à partir du Directory of Open Access Journals (DOAJ) montre le rôle primordial du Royaume-Uni qui offre presque 1 500 journaux en open access.

« Le h-index doit être
utilisé avec précaution »

Inventeur du h-index, Jorge E. Hirsch est avant tout chercheur. A l’heure des débats français sur l’évaluation, il réagit face aux dérives de l’utilisation de son fameux indice.

Quelles étaient vos motivations quand vous avez développé le h-index en 2005 ?
J’espérais obtenir une première mesure approximative des réalisations scientifiques des candidats que nous évaluions pour des postes, avant de regarder plus en détail le dossier complet des candidats prometteurs. J’ai toujours pensé que les citations étaient une bonne mesure de la participation d’un article aux progrès scientifiques et un meilleur indicateur des réalisations d’un candidat que le nombre d’articles ou les lettres de recommandations. Le h-index était une façon de résumer une large quantité d’informations – le nombre de citations pour chaque article – dans un seul nombre. 

Êtes-vous surpris que son utilisation se soit tant répandue ? Et aviez-vous prédit les mauvaises pratiques qui l’ont accompagné ? 
J’ai été très surpris car j’avais uniquement le domaine de la physique en tête au départ et je n’aurais jamais imaginé qu’il se répandrait aussi largement dans les autres disciplines comme les sciences sociales ou médicales. Est-ce que le h-index a exacerbé des mauvaises pratiques comme la division des travaux de recherche en plus petites parties publiables individuellement, les quiproquos sur la participation de certains co-auteurs ou les travaux sur des sujets à la mode ? Ce serait bien sûr très regrettable mais je ne sais pas si c’est vraiment le cas. Une autre conséquence possible et inquiétante est l’encouragement des scientifiques à rejoindre des collaborations juste pour augmenter leur h-index. Je n’avais pas pris en considération ces problèmes à l’époque où je l’ai développé.

Pensez-vous qu’une mesure comme le h-index est toujours un bon moyen d’évaluer les chercheurs ? 
Oui mais il doit être utilisé avec précaution. Par exemple, ça n’a aucun sens de comparer les indices h de deux chercheurs s’ils ont des formes de collaborations différentes – l’un publie avec vingt co-auteurs, alors que l’autre ne publie qu’avec deux ou trois – ou s’ils travaillent dans des domaines pour lesquels les taux de citation moyens sont très différents. Il est très important aussi d’identifier le rôle du chercheur dans la collaboration – s’il est un investigateur principal ou mineur –, ce que le h-index ne fait pas. Et dernier désavantage, le h-index ne récompense pas les travaux novateurs et importants mais qui ne sont pas très cités.

Ca vous fait réagir ? On le publiera.

Votre revue
de presse express

  • Et la lumière fut ! Le Monde fait paraître toute une série de portraits de scientifiques, avec comme angle l’origine des découvertes et la créativité en science. Un chercheur en chimie livre ses armes : le doute et la curiosité.
  • Retour dans le futur. Avez-vous une chance de publier vos travaux dans une revue prestigieuse en 2020 ? Consultez la liste des futures unes de Science et Nature.
  • Maths ou littérature, même constat. Somme de toutes les connaissances, Wikipedia reflète aussi bien les biais de genre et les inégalités, clame sur Undark une chercheuse ayant balayé les références citées sur la plateforme. La parité est loin d’être atteinte, peu importe les disciplines. 

Et pour finir…

Dans la liste des plus beaux GIF de sciences découverts en 2019, voici celui d’Andrew Moore. Durant sa thèse, il a pris ces images pour mieux comprendre le développement des axones. Finalement, elles n’ont pas servies pour la science mais retrouvent une seconde vie aujourd’hui !

 

 

Cette semaine, on vous propose de planer grâce au violoncelliste Rob Lewis et son morceau Neurons, composé en solo avec l’aide de nombreuses pédales d’effet !

 

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