InsideLab

Dora revient (et elle n’est pas contente)


 



vendredi 29 mai 2020 /// L’actu des labos

Je contredis
donc je suis 

Alors que le débat fait rage autour de la publication du Lancet sur l’hydroxychloroquine, on peut se demander pourquoi vos alertes ne passent pas auprès du grand public.

Pour convaincre, les scientifiques ne doivent pas uniquement parler, ils doivent aussi écouter : c’est l’humilité épistémique. D’humilité, vous n’en manquez pourtant pas, puisque vous considérez paradoxalement votre activité comme non essentielle.

En tous les cas, vous cultivez l’esprit de contradiction !

Bonne lecture,
Lucile de TMN

PS. Maintenant que tout rouvre et que la limite des 100 km est levée, ça va plutôt être retour au labo ou aller simple en vacances ?

Si vous n’avez que 30 secondes

DORA revient et elle n’est pas contente ;
Un Mooc pour la reproductibilité de vos recherches ;
• Combien de doctorants sont sans financement ?
• On vous résume l’affaire des examens à Panthéon-Sorbonne ;
• Votre revue de presse express.


A partir d’ici 4′ de lecture enrichissante.

Le retour de DORA
(pas l’exploratrice) 

La dernière publication de DORA avance des propositions concrètes pour les institutions et les labos.

Pas l’exploratrice, on vous dit
Le combat contre la suprématie de l’impact factor continue. Dans sa nouvelle publication, l’initiative DORA — San Francisco Declaration on Research Assessment, née en 2012 — compare ainsi les journaux moins renommés aux médicaments génériques : même s’ils contiennent la même formule, la majorité préfère les médicaments de marque au prix plus élevé. DORA rejette en effet le sacro-saint impact factor qui ne mesure ni la qualité des chercheurs ni la pertinence des travaux publiés et prône des critères alternatifs.Lignes directrices
DORA vient de proposer cinq mesures en direction des institutions avec des exemples concrets accompagnant chaque point dans le doc’ : mise en place de CV narratifs, matrice d’évaluation, implication des non-permanents dans les comités de sélection… Pour creuser le sujet et avoir un aperçu des pratiques d’évaluation des carrières dans les universités européennes, l’European University Association (EUA) vient justement de publier son webinar (et l’accent du premier intervenant vous sera familier !)

Un outil dans la boîte

Un Mooc pour (re)produire

La reproductibilité en pratique ça change quoi ? Ce Mooc développé par l’Inria présente les enjeux, les méthodes de travail et les outilsLes inscriptions sont ouvertes jusqu’à mars 2021 mais c’est peut-être maintenant le bon moment de le suivre ! Avant de passer à l’application de retour au labo…

Des infos en passant //////// Retrait juste à temps d’un article sur l’hydroxychloroquine par une équipe française dans Retraction Watch //////// Les auditions CNRS pour les postes de chargés de recherche et de directeurs auront finalement lieu du 15 juin au 31 juillet, le nouveau calendrier est en ligne  //////// Bring back old PubMed, c’est le cri des chercheurs face à la nouvelle version du site ////////

On vous a transféré ce mail ? On est flatté. On le serait encore plus si vous acceptiez de nous tester : cliquez ici ou répondez “oui” à ce mail.

 //////// Oyez, oyez, répondez au sondage européen sur les infrastructures d’open access et d’open science //////// Amis chimistes et physiciens, le nouveau site Datacc vous accompagne pour gérer vos données de recherche //////// Et, puisqu’on parle de chimie, les preprints explosent dans cette discipline, selon un article dans Nature Chemistry ////////

Le chiffre qui en dit long

1 doctorant sur 4

n’était pas financé en 2018 parmi les 71 159 recensés en France (contre 31% en 2009). Le ministère de la Recherche vient de publier son gros bilan annuel de l’ESRI, qui montre par ailleurs une baisse du nombre de doctorants, surtout en sciences de la société et sciences humaines et humanités.

Des examens pour du beurre ?

L’université Panthéon-Sorbonne est le théâtre d’un affrontement juridique pour la mise en place des examens sur fond de Covid.

Le premier round a lieu début mai lors de l’adoption par la Commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU) de modalités de passation des examens assouplies : pas d’examen en ligne synchronisé mais des “devoirs à la maison” et surtout une neutralisation des notes en dessous de 10/20. Les organisations étudiantes et syndicats d’enseignants souhaitaient ainsi réduire les inégalités entre les étudiants.

Des enseignants-chercheurs jouent le second round en s’opposant à « ce simulacre de diplôme ». Principalement issus de l’Ecole de droit, ils ont déposé une requête devant le Tribunal administratif de Paris, rejetée le 20 mai. Le match aurait pu s’arrêter là mais le président de l’université Paris-1 et Frédérique Vidal en personne sont entrés dans l’arène en prenant position contre cette décision qui « méprise l’engagement exceptionnel des enseignants-chercheurs ».

Dernier round (pour le moment) : le ministère annonce qu’il « appuiera les enseignants-chercheurs qui souhaiteront se pourvoir en cassation ». Un recours est donc déposé le 23 mai et le rectorat vient de suspendre la décision votée en CFVU. Le « culte des diplômes » a des défenseurs obstinés. Deux semaines après l’affaire Dubois à Paris-Saclay, c’est en effet toujours la même question de fond : en temps de Covid, doit-on privilégier l’exigence ou la bienveillance ?

Votre revue
de presse express

Et pour finir…

C’est le déconfinement, on se lâche ! Changez juste une lettre à votre journal adoré ou détesté, c’est le défi qui parlera à tous quelque soit sa discipline. Nos préférés : le classique Mature et le trop souvent oublié Journal of Slip Production and Design.

 

 

 

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