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Ces Partenariats qui Posent Problème (PPP)


 



27 mai 2020 /// L’actu de la profession

Communication
breakdown

Notre petit monde de la recherche bruisse d’anecdotes sur les visios : coupures, problèmes de bande passante, chien ou enfant dans le cadre. Et cela touche les ministres (à cette occasion ou à celle-ci).

Les journalistes aussi : le 19 mars dernier, la conférence de presse de lancement du plan pour la recherche de 5 milliards — pardon 25 milliards — a été émaillée de coupures, interruptions, bruits de scooter… Un magma sonore dont l’info avait du mal à sortir. 

De là à penser que l’exercice du pouvoir s’en trouve perturbé, il y a un pas que je franchirais bien. Voilà qui est fait.

Keep calm & science hard,
Laurent de TheMetaNews

PS. On faisait évidemment référence à ce titre mythique de Led Zeppelin. On ne se refait pas.

Si vous n’avez que 30 secondes


A partir d’ici 4′ de lecture à vive allure.

Ces partenariats qui posent problème (PPP)   

Un PPP comme on les aime (vous l’avez ?)

Deux rapports publiés le 25 mai étrillent les partenariats publics privés européens (PPP). Ils sont l’œuvre de deux organisations non gouvernementales — Global Health Advocates and Corporate Europe Observatory. Le premier, baptisé « Plus privé que public », porte sur le développement des médicaments, l’autre nommé « Research&destroy » sur le secteur de l’économie à bas carbone et les technologies qui s’y rattachent. Les ONG pointent le rôle délétère des lobbys derrière ces initiatives, que ce soit l’industrie pharmaceutique ou agroalimentaire, entre autres.

Réquisitoire anti-PPP
Données rarement en open access (moins de 20% des cas), pans de recherche écartés pour des raisons commerciales, argent public dépensé sans contreparties, le constat est amer. Les documents nous apprennent notamment que la préparation européenne à des pandémies infectieuses telles que le Covid-19 a été entravée de ce fait. La date de sortie des rapports, au moment où se négocient les budgets d’Horizon Europe, avec près de 100 milliards d’euros, n’est évidemment pas un hasard. Seront-ils suivis d’effets ?

Des infos qu’il vous faut /////////// Dans l’édito de son dernier numéro — un peu extraordinaire —, la Nouvelle revue du travail revient sur les mois de mobilisation contre la loi Recherche. C’était avant le Covid /////////// Mobilisation toujours mais en ligne cette fois : le collectif des facs et labos en lutte annonce une rencontre nationale dématérialisée le 5 juin prochain /////////// L’Alliance des universités françaises de recherche (Auref) tape également du poing sur la table et demande à l’Etat de « réévaluer la place de la science et de sa diffusion »… ainsi que des moyens, bien sûr /////////// Quand l’institut Montaigne analyse le confinement universitaire, ça donne ce rapport connecté / déconnecté, signé de la main de Francis Vérillaud ///////////

Les labos rouverts pour tous

L’administration a corrigé fissa une bourde d’écriture qui empêchait certains chercheurs d’accéder aux labos universitaires.



Le jour où les portes se rouvrirent

Le Covid a créé la pagaille. Nous vous en parlions la semaine dernière :  une disposition sybilline du décret du 11 mai dernier empêchait les doctorants ne dépendant pas des universités d’accéder à leur labo de recherche, étant considérés comme de simples « usagers » aux yeux de la loi. Selon la Conférence des présidents d’université (CPU), cette interdiction n’aurait été que « diversement » appliquée par les établissements, dans un contexte où la prolongation des contrats doctoraux — et leur financement — est dans toutes les têtes (voir encadré ). Fort heureusement, ce “kafkaïsme” a été résolu dans l’intervalle. En effet est paru au Journal officiel du 20 mai un texte autorisant les dits usagers à accéder aux laboratoires de recherche. Ouf !

Qui aura du rab de contrat doctoral ?

Réponse à venir dans les prochaines semaines. Une chose est sûre, tout le monde n’y aura pas droit étant donné le financement annoncé par Frédérique Vidal, qu’il se monte à 55 millions d’euros (sources syndicales) ou plus vaguement à « quelques dizaines de millions », comme elle l’a avancé plus officiellement devant les députés (vers 1h20 attention, ça va vite). Reste également à trancher la question des critères de sélection, qui inquiète jusqu’aux sénateurs (page 14)Les présidents d’université ont planché sur la question. On pourrait résumer ainsi : jusqu’à quatre mois en cas de retard uniquement dû la période de confinement, de quatre à huit mois en cas de redémarrage de terrains ou d’expérience et jusqu’à 12 mois (voire plus) pour les cas les plus complexes. 

Journal officiel, au rapport ! //////// La durée minimale pour la mission d’un enseignant invité à temps complet ou non dans un établissement d’enseignement supérieur est raccourcie : d’un mois, elle passe à une semaine //////// Le clinicat des chefs de clinique en médecine générale peut être allongé jusqu’à huit ans, contre quatre ans auparavant //////// Une volée de textes concernant l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), pour le recrutement de 17 ingénieurs de seconde classe, 29 ingénieurs de classe normale, 20 assistants ingénieurs, 66 techniciens de la recherche, 9 adjoints techniques ////////

On vous a transféré ce mail ? On est flatté. On le serait encore plus si vous acceptiez de nous tester, cliquez ici ou répondez “oui” à ce mail.

 //////// Sonia Garel (neurobiologie et immunité) et William Timothy Gowers (combinatoire) viennent d’être titularisés en qualité de professeur du Collège de France //////// Un petit tour sous la coupole de l’Académie des sciences maintenant : Nathalie Palanque-Delebrouille (cosmologie expérimentale), Isabelle Chuine écosystèmes, biodiversité…), Nicolas Moës (grands calculs), Francis Bach (masses de données, IA…) rejoignent les immortels //////// Le remaniement continue au cabinet de Frédérique Vidal avec le changement de fonction de Florian Cahagne, la nomination de Lloyd Cerqueira en tant que directeur adjoint de cabinet, en remplacement de Pauline Pannier et la nomination de Jean-Philippe Bourgoin en tant que conseiller en charge de la recherche et de l’innovation ///////

Des appels à projets

  • L’Europe remet au pot. La Commission a annoncé une rallonge de 122 millions d’euros pour lutter contre le Covid avec un appel à projet dans le cadre d’Horizon2020 axé sur la production, les technologies, les incidences sociales ou la création de cohorte à l’échelle européenne. Date limite : le 11 juin.
  • Tropisme du Capricorne. Vous avez une inclinaison pour l’Amérique du Sud ? Le programme Ecos est fait pour vous. Quatre appels sont ouverts — deux pour l’Argentine, Uruguay, Chili —, certains plus pour très longtemps (l’Uruguay !) pour créer des ponts avec l’Hexagone.
  • Passeur de sciences. Amis du CNRS, bonjour. Si la médiation scientifique vous intéresse, vous pouvez tenter l’Appel Com’Lab (intranet) pour bénéficier des conseils de l’équipe de com’ de l’institut. Date limite : le 30 juin.
  • Handicap&conséquences. On signale l’existence de cette série d’appels à projet cocréés par la Caisse nationale de solidarité et d’autonomie (CNSA) sur les thèmes du handicap ou de l’autisme, notamment, visant à créer des communautés de recherche. Date limite repoussée au 05 juillet.

Et pour finir


Voilà le super héros dont on a besoin actuellement, dans cette période pleine de chloroquine, de tatouages quantiques et de bullshit généralisé.

 

 

 

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