OutsideLab

Ca y est, on y est : le déconfinement

 



13 mai 2020 /// L’actu de la profession

Brave
new world 

On ne compte plus les initiatives, appels d’offre, flash ou non, les bourses, les fonds, les rallonges budgétaires, les vraies et les fausses annonces autour du Covid-19. 

Il faut maintenant anticiper : quels pans de la recherche, aujourd’hui délaissés, viendront à manquer lors de la prochaine crise ?

Et si le Covid-19 nous faisait collectivement faire tout ce qu’il ne faut pas faire en recherche ? Nous le saurons dans quelques années.

Keep calm & science hard,
Laurent de TheMetaNews

PS. Merci à la vigilance de nos lecteurs (en l’occurence Thomas Coudreau). Un « concours d’habilitation à diriger des recherches », comme nous l’écrivions, c’est comme une fourmi de 18 mètres, ça n’existe pas. 

Si vous n’avez que 30 secondes


A partir d’ici 6′ de lecture à toute allure


La mobilisation anti-LPPR victime du Covid

Les opposants à la loi Recherche ont, comme tout un chacun, été confinés, leurs mots d’ordre avec eux.



On plaisante mais ce n’est pas drôle

C’était il y a une éternité, déjà. Alors qu’on pensait le dossier remis aux calendes grecques (il est beaucoup question de Grèce cette semaine) avec le déferlement de la pandémie, Emmanuel Macron avait profité d’une visite à l’Institut Pasteur le 19 mars dernier pour annoncer, avec quelques ratés de com’, “son” plan pour la recherche : 25 milliards d’euros sur 10 ans… mais seulement 400 millions l’année prochaine pour le ministère de la Recherche. 2021, la dernière année de plein exercice de son mandat.

Comme un iceberg. Il s’agissait en réalité de la partie émergée de la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche, qui occupe les esprits depuis son annonce par Edouard Philippe en… février 2019. Il aura fallu six mois et une tribune d’Antoine Petit souhaitant une loi « inégalitaire et darwinienne » pour réveiller les consciences, au moment où Emmanuel Macron promettait de serrer la vis sur l’évaluation des chercheurs aux 80 ans du CNRS en novembre. La grogne, amplifiée par la loi Retraite, n’est jamais redescendue.

Des journées comme celle du 05 mars, marquée par une grande mobilisation anti LPPR, que ce soit à Paris ou ailleurs comme au Mans, ne pourront se tenir avant de nombreux mois. Le décret publié le 11 mai prévoit en effet une interdiction des rassemblements de plus 5000 personnes — manifestations comprises, évidemment — jusqu’au 31 août prochain. Et on parle déjà de rentrées universitaires à distance. En ligne, la mobilisation n’a évidemment pas la même portée, malgré certaines initiatives mises en place récemment, comme cette pétition.

On a failli attendre. Avant d’être étouffée par le Covid, cette mobilisation a été de plus contrariée par plusieurs éléments :

  • La loi Recherche n’a jamais existé, seules des préversions ont circulé “off”. Les investissements prévus — si ils ont lieu — seront égrénés dans les prochaines lois budgétaires.
  • Certaines mesures étaient déjà en place, comme les CDI de projet.
  • La loi Retraite a brouillé les messages en ouvrant un deuxième front.
  • La mobilisation n’a pas transcendé les disciplines, les sciences humaines constituant la majorité des troupes. De plus, les mesures de la LPPR sont plus favorables aux sciences “dures”.

Les doctorants joueront-ils les prolongations  ?

Est-ce une grosse déconvenue qui se profile pour les doctorants et les ATER ? En effet, le projet de loi d’urgence sur le Covid-19 qui va entrer en discussion à l’Assemblée nationale ne prévoit qu’une rallonge équivalente à la durée de l’état d’urgence sanitaire. C’est beaucoup moins que l’année de prolongation promise par Frédérique Vidal, d’autant que la mesure n’est pas financée pour le moment.
Il comporte en revanche une mesure favorable aux personnels en CDD, qui auraient vu leur contrat interrompu pendant la durée du confinement. Cette période ne serait pas décomptée en vue d’une possible CDIsation. Et la situation des doctorant·es en thèse Cifre est toujours pendante.

Un détournement à la grecque 

190 000 euros

Vous ne connaissez peut être pas Olaf. Il s’agit du petit nom de l’Office européen contre les fraudes. Dans une récente communication, les inspecteurs ont détaillé une fraude organisée suite à une grant de l’European Research council, versée à une chercheuse grecque, jeune et prometteuse, qui a détourné une partie des 1,1 millions d’euros versés, à peu près 190 000 euros. A lire la très longue enquête que Leonid Schneider consacre à ce cas, cette chercheuse émérite ne serait autre que Katerina Aifantis, effectivement jeune et prometteuse… Peut-être un peu trop.

Des infos qu’il vous faut /////////// Et si le monde du porno pouvait nous en apprendre concernant le traçage et le suivi des personnes à risques ? Cette “industrie” a en effet mis en place des passeports santé, il y a déjà vingt ans /////////// Allez une tribune parue dans Marianne sur la désespérance galopante des enseignants-chercheurs à l’université /////////// Une autre tribune signée d’un aréopage de chercheurs et d’institutionnels et parue elle dans Le Monde appelle à resserrer les liens entre science et société /////////// En écho à la supplique de Vincent Lindon, le physicien Frédéric Restagno a enregistré un plaidoyer pour les doctorantes et doctorants (pas sûr que l’info ci-dessus le rassure). Quant aux ‘terrains’ en sciences humaines, ils sont également au point mort ///////////

Trois questions à… Sylvie Retailleau
« Seules certaines manips peuvent reprendre  »

Comment se passe le déconfinement sur le campus géant de Saclay ? La présidente de l’Université Paris Saclay vous le détaille. 

Quelle proportion de labos va rouvrir dans les jours à venir ? La reprise est très progressive et le sera au moins jusqu’au 02 juin, date à laquelle le gouvernement refera un bilan de la pandémie, le redémarrage de nos activités se fait jusqu’à 20 % maximum en présentiel mais il y a un grand écart-type ; c’est très variable en fonction des services et des disciplines. Le télétravail reste favorisé, surtout en cas de fragilité chez certaines personnes. Ce déconfinement se passe bien dans l’ensemble, malgré quelques cas particuliers.

Quelles activités de recherche devront reprendre en premier ? Nous avons diffusé un plan de reprise d’activité qui a été décliné dans tous nos laboratoires avec la règle de l’hébergeur pour les équipements de protection, malgré des tensions pour la commande des masques. On a favorisé toutes les activités expérimentales pour le redémarrage ainsi que les doctorants qui avaient des travaux en cours ou des échéances rapprochées. Les chercheurs sont très demandeurs de revenir au labo, surtout en sciences expérimentales, peut-être moins en éco-gestion ou sciences humaines.

Avez-vous déjà anticipé la possibilité d’une seconde vague ? Nous avons bien précisé dans nos messages que le retour au laboratoire devait être très progressif. Le bilan épidémiologique qui sera fait par le gouvernement le 02 juin prochain permettra d’y voir plus clair. Certaines manips peuvent reprendre mais il ne faut reprendre aucun travail de recherche qui devrait être interrompu dans quelques semaines. Les retards générés par le confinement sont très variables en fonction des disciplines.

Le JO suit son bonhomme de chemin //////// L’Inserm ouvre ses concours de directeurs de recherche 2e classe : 33 postes sont disponibles et la date limite pour candidater est le 16 juin prochain à 17h //////// Le directeur général adjoint et le directeur de la recherche de l’Institut Gustave Roussy pourront désormais être nommés par son directeur général après avis du conseil d’administration. //////// La place de délégué régional à la recherche et technologie en région Occitanie est vacante. Intéressé ? ////////

On vous a transféré ce mail ? On est flatté. On le serait encore plus si vous acceptiez de nous tester, cliquez ici ou répondez “oui” à ce mail.

 //////// Virginie Gimberg remplace Frédérique Chave au conseil scientifique de l’Institut national d’études démographiques (Ined) //////// Isabelle Chmitelin et Valérie Verdier ont été nommées au conseil d’administration du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) //////// Olivier Ginez, le monsieur Loi Recherche de Frédérique Vidal, quitte le cabinet de la ministre et devient conseiller au ministère de l’Agriculture /////// Une arrivée cette fois : Stéphane Ngo Mai est nommé conseiller diplomatique, entrepreneuriat, développement territorial /////// Dernier mouvement notable au cabinet de Frédérique Vidal pour la semaine : Nicolas Castoldi quitte ses fonctions de directeur de cabinet et y est remplacé par Ali Saïb (nous vous l’annoncions la semaine dernière/////// Christelle Farenc est nommée directrice de l’Institut national universitaire Jean-François Champollion ///////

Des appels à projets

Et pour finir


Si un bébé gorille arrive à faire les gestes barrières, on en est tous capable. Les plus anciens d’entre nous doubleront la vidéo avec la voix off de Patrick Bouchitey. On avait hésité avec cette vidéo courte et enrichissante d’Albert Jacquard dénonçant les méfaits de la concurrence.

 

 

 

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