InsideLab

🍀 Physicien le jour, historien la nuit

 



26 fĂ©vrier 2021 /// L’actu des labos

Départ pour
Andromède 

Hier s’ouvrait la campagne de recrutement « synchronisée » des enseignants-chercheurs.

Pour être passée par là, j’ai une pensée pour celles et ceux qui se sont rendus sur Galaxie, la boule au ventre. Merci aux titulaires qui les soutiennent !

Le bilan n’est malheureusement pas très encourageant : 1029 postes de maĂ®tres de confĂ©rence et 592 de professeurs (contre 1119 et 620 l’an dernier).

Bonne chance aux candidats et bonne lecture Ă  tous,
Lucile de TMN

 PS  La plateforme du ministère est le premier résultat de recherche dans Google pour le mot « galaxie ». De quoi déconcerter des non chercheurs.

 PS2  Avez-vous des soucis avec les liens de la table des matières ? Si oui, signalez-les nous par retour de mail (si ce n’est pas dĂ©jĂ  fait). Merci !

Si vous n’avez que 30 secondes


Quatre minutes de lecture et vous saurez tout !


Quatre questions Ă … François Graner
« J’ai voulu comprendre ce gĂ©nocide »

Physicien le jour, historien la nuit, François Graner se penche depuis 25 ans sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda.

Chercheur au CNRS… mais en physique !
Pourquoi vous ĂŞtre lancé dans ce travail d’historien ?
Le génocide des Tutsis en 1994 a été pour moi un énorme choc. Tout d’abord parce que j’avais grandi avec les slogans « Plus jamais ça » en réaction face à la Shoah, ensuite lorsqu’on a compris que la France y avait joué un rôle. A l’époque, dans les médias, c’était la confusion totale, on lisait des thèses complètement opposées sur ce sujet, un des plus importants de ce siècle. J’ai donc voulu comprendre.

Ce qui vous a amené à publier deux livres…

Fin 2010, j’ai voulu diffuser les informations que j’avais lues. Mon objectif était de produire un ouvrage clair, concis et convaincant. En tant que chercheur en physique, j’avais l’habitude de vulgariser au grand public. Pour la clarté et la concision, je savais donc déjà faire. Mais pour être convaincant, j’ai mis au point une méthode : n’utiliser que des sources militaires publiques vérifiables – car les civils étaient souvent accusés d’être militants et leur parole était décrédibilisée.

Qu’est-ce que ça vous a apportĂ© ?

Sorti en 2014, mon premier livre a fait l’objet d’une recension dans Cahiers d’histoire. J’ai alors pu ĂŞtre considĂ©rĂ© comme un historien non professionnel – ce qui n’est pas si rare dans le milieu. Cela qui m’a ouvert les portes pour interviewer des militaires haut gradĂ©s, comme le chef des armĂ©es de l’époque. J’ai Ă©galement donnĂ© des dizaines de confĂ©rences ; à chaque fois que je me dĂ©plaçais en tant que physicien, j’essayais d’en programmer une le soir. Et cette annĂ©e, une intervention au sein du sĂ©minaire des historiens StĂ©phane Audoin-Rouzeau et HĂ©lène Dumas Ă  l’EHESS est prĂ©vue.

Et pourquoi ne pas devenir historien Ă  plein temps ?

Il y aurait de quoi : mes premiers travaux ont Ă©tĂ© fĂ©conds et ont suscitĂ© de nouvelles questions, c’est pourquoi je continue ! Cependant, cette activitĂ© reste cantonnĂ©e hors de mon temps de travail et je n’ai pas le temps de passer un master en histoire. Le CNRS ne m’a pas embauchĂ© comme historien, comme je le rappelle souvent aux mĂ©dias. Enfin, ĂŞtre directeur de recherche en physique me plaĂ®t toujours.

Une réaction ? Laissez-nous un message !

 Des archives brĂ»lantes  François Graner vient d’obtenir l’accès aux Archives nationales, ce qui lui a permis de conforter certaines informations sur le rĂ´le de l’Etat français dans le gĂ©nocide des Tutsis et d’amener quelques rĂ©vĂ©lations. « C’est comme trouver la pièce manquante du puzzle, ça ne change pas l’image, mais ça donne de la cohĂ©rence Ă  l’ensemble », explique le chercheur. Aujourd’hui, François Graner demande avec d’autres historiens l’accès aux archives militaires, ce qui s’avère encore plus difficile.  

Une brève qui ne l’est pas

La société vous appelle

Après les médailles Sciences et société, on passe aux appels à projets.

 C’est maintenant  « Science avec et pour la sociĂ©tĂ© », c’est le nom de l’appel Ă  manifestation d’intĂ©rĂŞt lancĂ© hier par l’ANR. On vous rappelle le contexte : la loi Recherche prĂ©voit Ă  terme 10 millions d’euros gĂ©rĂ©s par l’ANR pour des projets d’ouverture Ă  la sociĂ©tĂ©. L’objectif de cet appel est de dĂ©finir les grandes lignes du futur appel Ă  projets via une rencontre en mai. C’est donc maintenant que vous pouvez peser.

 Juste une lettre  Ce qui est attendu ? Des réflexions, des suggestions d’évaluation ainsi que des solutions autour des pratiques de médiation, de recherches participatives et d’expertise scientifique (ce docu diffusé cette semaine sur Arte pourrait vous aiguiller). Enfin, l’appel de l’ANR incite à la pluridisciplinarité et aux partenariats avec des acteurs non académiques. Manifestez-vous donc par une simple lettre d’intention jusqu’au 30 mars.

Un outil pour passer au vert

CO2 mon amour

 Le petit frère est arrivé  Mesurez l’empreinte carbone de vos missions grâce Ă  MonPetitCarbone, le nouveau calculateur Ă©laborĂ© par JoĂ«l Thanwerdas, doctorant au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE), avec le soutien de Labos1point5. Il s’agit d’un outil individuel, complĂ©mentaire de GES1point5 Ă  l’échelle des labos (on vous le prĂ©sentait en septembre). MonPetitCarbone permet de remonter jusqu’à 2015 et de comparer vos Ă©missions par annĂ©e et moyen de transport !

Un chiffre plutĂ´t qu’un long discours

 – 3 places 

c’est le recul qu’accuse la France au classement mondial en termes de publication. Encore sixième en 2005, nous n’étions plus que neuvième en 2018 – derrière l’Inde et l’Italie ! Le tout nouveau rapport du HcĂ©res en analyse les raisons : une forte spĂ©cialisation des recherches et malheureusement pas dans les domaines qui publient le plus. Nous aurons très vite l’occasion d’y revenir. Stay tuned, comme disent nos amis amĂ©ricains, seconds du classement.

 Des infos en passant   La science ouverte deviendrait-elle aliĂ©nante pour les chercheurs ? Une manager de l’Union europĂ©enne lance l’alerte sur Impact of Social Sciences //////// Science ouverte toujours : adieu HĂ©loĂŻse, mais RomĂ©o est toujours bien vivant pour consulter les politiques d’auto-archivage des revues françaises //////// DĂ©matĂ©rialisation des dĂ©marches d’inscription, de rĂ©inscription et de soutenance : les doctorants et encadrants de Paris-Saclay sont satisfaits, annonce l’université ////////

On vous a transfĂ©rĂ© ce mail ? On est flattĂ©. On le serait encore plus si vous acceptiez de nous tester : cliquez ici ou rĂ©pondez “oui” Ă  ce mail.

//////// L’intégrité est-elle captive du système académique ? Jetez un œil à cette nouvelle vidéo de l’Institut de recherche et d’action sur la fraude et le plagiat académiques (Irafpa) //////// La puissance de la narration dans la médiation à travers un exemple américain, publié dans eLife //////// C’était en janvier mais ça reste intéressant : Dora prône le multilinguisme dans les communications scientifiques //////// 

Votre revue
de presse express

Et pour finir…
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Personne ne comprend rien aux sciences. C’est sĂ»rement ce que s’est dit le crĂ©ateur de ces Ĺ“uvres d’art (mathĂ©matiquement incorrectes) qui ornent ce quai de gare parisien. A force de les cĂ´toyer, j’ai cherchĂ© : installĂ©es depuis 2017, un physicien a trouvĂ© leur origine.

 

 

 

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