OutsideLab

đź”· Extension du domaine des appels d’offre



 



18 novembre 2020 /// L’actu de la profession

Pourquoi
tant d’ANR ?

Les appels d’offre, ça agace (parfois). Être jugĂ© par ses pairs sur un dossier montĂ© Ă  la sueur de son front — et au dĂ©triment de la paillasse, diront certains — n’est souvent pas une partie de plaisir.

Ils sont pourtant incontournables. L’Agence nationale de la Recherche (ANR) en est un des principaux Ă©metteurs en France et, pour beaucoup, c’est le passage obligĂ© pour embaucher ou acheter du matĂ©riel.

Ce n’est que le dĂ©but. Puisque l’Agence a dĂ©crochĂ© près de 400 millions d’euros supplĂ©mentaires de budget dès l’annĂ©e prochaine (un milliard Ă  terme), pour augmenter les taux de rĂ©ussite aux appels d’offre.

Les critiques fusent pourtant. La science sur projet est-elle de la bonne science ? Les socios sont-ils les grands oubliés ? Les Américains nous imposent-ils leur vision de la recherche ? 

Thierry Damerval y rĂ©pond. Dans une interview qu’il nous a accordĂ© aux lendemains du vote (presque dĂ©finitif) de la loi Recherche au SĂ©nat. 

Keep calm & science hard,
Laurent de TheMetaNews

 PS. Vous faites quoi vendredi Ă  10h ? Moi, je serai connectĂ© Ă  cette adresse pour vous parler recherche dans le cadre de PhdTalent. On s’y rejoint ?




A partir d’ici 5 mn de lecture sans diagramme de Gantt.

Des infos en peu de mots /////////// C’Ă©tait hier la fin de l’opĂ©ration « Ecrans noirs » pour les enseignants et enseignants chercheurs, en protestation contre la LPR /////////// La rĂ©forme du CNU fait toujours des vagues : mĂŞme la confĂ©rence des prĂ©sidents d’universitĂ© (CPU) critique la mĂ©thode. FrĂ©dĂ©rique Vidal assure ĂŞtre ouverte au dialogue dans une tribune parue dans Le Monde, la prĂ©sidente du CNU Sylvie Bauer assure du contraire dans LibĂ©ration. Cette dernière en appelle maintenant au Premier ministre directement  //////////

Une interview au long avec… Thierry Damerval 
« Nous entendons les attentes — et parfois les critiques !  »

La recherche par appels Ă  projets est-elle de la bonne recherche ? RĂ©ponse de l’intĂ©ressĂ© (entre autres questions).



Thierry Damerval, PDG de l’ANR

La récente prix Nobel Emmanuelle Charpentier a dit en 2016 que si elle avait mené ses travaux en France, l’ANR ne l’aurait certainement pas financée. Qu’en pensez-vous ?
Votre question revient à demander si le financement sur projet permet l’innovation : un papier sorti dans Faseb a analysé les sources de financement de 70 prix Nobel décernés entre 2000 et 2010 donc pour des travaux ayant eu lieu 20 ou 30 ans avant. Difficile d’en tirer des conclusions très nettes même si les auteurs ont constaté plus de financement sur projets parmi les Nobel américains qu’européens. On peut donc dire que les deux systèmes permettent l’innovation.

Faire de l’appel à projet, n’est-ce pas copier le modèle anglo-saxon ?
Non, historiquement, le Japon ou l’Inde — qui a en fait abritĂ© la première agence de financement dès 1914 — ont Ă©tĂ© prĂ©curseurs, les Anglo-saxons n’en sont pas, loin s’en faut, les seuls promoteurs.

Comment et qui dĂ©cident de la façon dont sont ventilĂ©s les budgets des appels Ă  projet gĂ©nĂ©riques de l’ANR ?
C’est la science qui définit les axes thématiques de l’appel à projets générique. Toutes les disciplines sont représentées, nous avons des comités de pilotage associant les parties prenantes (organismes, universités…) pour définir la structuration et la répartition des budgets et l’arbitrage final est effectivement rendu par le ministère. Quant à l’évaluation et la sélection des projets, cela relève totalement des comités scientifiques, c’est eux qui ont le dernier mot. La programmation de l’ANR était organisée sur la base des « défis sociétaux » avec un taux de succès qui était tombé en 2014 et 2015 sur l’APPG en dessous de 10% [Jetez donc un œil à cette datavisualisation, NDLR]. C’était difficilement tenable.

 « Arriver à 30% de taux de succès nous permettrait de nous rapprocher des Allemands ou des Suisses. » 

Qu’est-ce qui a changé ?
Depuis trois ans, l’appel à projets générique (AAPG) n’est plus basé sur les défis sociétaux. C’est pour moi très important : cet AAPG représente 70% de nos crédits et cette mesure était très attendue par les chercheurs. De plus la description des attendus de cet AAPG était un document de 185 pages, nous l’avons considérablement allégé (30 pages) et il n’est plus du tout prescriptif. Nous le voulions “investigator driven”, à l’initiative des chercheurs. Cette philosophie sera maintenue et amplifiée : l’essentiel doit être libre et ouvert. Ce qui ne nous empêche pas de lancer des appels pour répondre à des besoins spécifiques, comme les challenges, Astrid et Astrid maturation avec l’Agence d’innovation défense les ans ou récemment celui sur les Sargasses, qui viennent s’échouer en masse sur les plages de Guadeloupe et de Martinique ou, encore plus récemment, sur le Covid.

Reste des taux de succès toujours bas.
Cette année nous serons autour de 17%, l’objectif est d’atteindre 30% à terme et de l’ordre de 23% dès l’année prochaine. Cela représente, avec le plan de relance, 403 millions d’euros supplémentaires pour l’Agence, une avancée de la loi Recherche. Mais quand on regarde nos collègues étrangers, 25% de réussite est déjà une bonne moyenne. Arriver à 30% nous permettrait de nous rapprocher des Allemands ou des Suisses.

Une chance sur quatre plutôt qu’une chance sur six, pour vous, ça va changer les choses ?
Oui, on le voit dĂ©jĂ  dans certains comitĂ©s, comme celui des technologies quantiques, qui bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ  d’un (…)

La suite est encore plus intéressante

Le Journal officiel au pas de charge //////// Les fonctions de directeur de l’École supĂ©rieure d’ingĂ©nieurs RĂ©union OcĂ©an Indien sont dĂ©clarĂ©es vacantes Ă  compter du 1er janvier 2021 //////// Le barème de rĂ©munĂ©ration des intervenants pour le recrutement et la formation au CNRS a Ă©tĂ© modifiĂ©. Un exemple ? 145 euros par heure pour une confĂ©rence //////// Les Ă©moluments (on adore ce mot) de certains personnels de l’Institut de recherche et dĂ©veloppement Ă©voluent Ă  partir du 1er janvier prochain //////// L’Inria recrute des chargĂ©s de recherche de classe normale  ////////



Ils actualisent leur CV //////// Un grand bienvenue — et nos plus sincères fĂ©licitations — Ă  une bonne trentaine de nouveaux professeurs d’universitĂ© (Eiffel, Dijon…) //////// 

Et pour finir

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Star wars ? Non, Microcosmos. Cette larve de Rhynchophorus ferrugineus et son photographe Mofeed Abu Shalwa ont remportĂ© le premier Luminar bug Photography award 2020. Ces pattes bizarres lui servent Ă  creuser des trous dans les palmiers. It’s not a bug, it’s a feature.

 

 

 

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