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đź”· OĂą vont les six milliards du CIR ?

 

 



09 juin 2021 | La recherche et sa politique

lnstitut
médico légal

Signe des temps, l’intĂ©gritĂ© scientifique semble elle aussi ĂŞtre devenue une question judiciaire. La plainte de l’Institut hospitalo-universitaire de Didier Raoult en est une preuve supplĂ©mentaire. 

Le cacique marseillais a en effet attaqué mi-mai Elisabeth Bik (relire notre interview) pour « harcèlement, tentative de chantage, extorsion » et Boris Barbour, le fondateur de PubPeer, pour complicité.

Faut-il craindre une judiciarisation de la controverse scientifique ? A cette question, nombre de chercheurs rĂ©pondent dĂ©jĂ  oui. Si les motifs de la plainte de l’IHU semblent bien exotiques, la tentative d’intimidation est, elle, bien rĂ©elle.

Keep calm & science hard,
Laurent de TheMetaNews 

Si vous n’avez que 30 secondes
  • Le crĂ©dit impĂ´t recherche refait parler de lui
  • Le HcĂ©res va-t-il facturer ses Ă©valuations ?
  • Des infos en passant (notamment sur les chaires junior)
  • Le Journal officiel au pas de course
  • Et pour finir sens dessus dessous


A partir d’ici 4 minutes d’infos dĂ©nichĂ©es

A qui profite le CIR ?  

Un rapport de France StratĂ©gie pointe les limites de cette disposition dĂ©criĂ©e… et pourtant intouchable.

Quand on parle de niche

French paradox. Les 6,6 milliards d’euros annuels du CrĂ©dit impĂ´t recherche (CIR) versĂ©s aux entreprises sont une exception française. ReprĂ©sentant Ă  lui seul 60% des budgets de l’innovation, il s’agit d’un record au sein des pays de l’OCDE, pointe ce rapport de France StratĂ©gie. Alors que peut-on attendre pour l’Ă©quivalent de deux fois le budget du CNRS en matière de R&D privĂ©e ?

PrĂ©liminaire. Si la mesure existe depuis 1983, il y a un avant et un après 2008 pour le CIR, quand une rĂ©forme a permis de dĂ©plafonner les aides et de les calculer non plus sur l’accroissement des dĂ©penses de R&D mais sur leur montant. Simplification ou effet d’aubaine, le budget du CIR a explosĂ© depuis lors, ainsi que le nombre d’entreprises y ayant recours (26 000 en 2018).

Au bonheur des grands. Cinquante grandes entreprises concentrent près de la moitiĂ© des dĂ©penses totales. Et pourtant… « l’essentiel des impacts positifs sont identifiĂ©s pour les petites et moyennes entreprises », note le rapport, qui ajoute que « les entreprises disposant du CIR ne dĂ©posent pas plus de brevets que les autres ». Et de conclure, aussi lapidaire que possible :
« Le CIR desserre les contraintes financières des entreprises mais (…) ne les inciterait pas particulièrement Ă  innover »

Retour sur investissement. Les Ă©conomistes de France StratĂ©gie — sans prĂ©coniser sa suppression, trop risquĂ©e politiquement — privent aujourd’hui le gouvernement d’un de ses principaux arguments pour dĂ©fendre le CIR en estimant que :

« Le CIR n’a guère contrecarré la détérioration de l’attractivité du site France pour la localisation de la R&D des entreprises multinationales »

  Pas touche au CIR  Si le CIR est historiquement dans le collimateur de certains chercheurs, qui y voient une gabegie et une source de fraude, il est dĂ©fendu mordicus par le gouvernement et mĂŞme par certains candidats Ă  la prĂ©sidentielle. La loi de finances pour 2021 a toutefois mis fin Ă  un superbonus permettant de dĂ©duire deux fois le montant d’un investissement fait dans un laboratoire public.

Une réaction ? On vous écoute.

 Des infos en peu de mots  Qui veut vraiment des Chaires de professeur junior (CPJ) ? Cette disposition très dĂ©criĂ©e de la loi de programmation de la recherche est toujours en gestation, les dĂ©crets devant sortir avant l’Ă©tĂ©. Les Ă©tablissements sont actuellement sondĂ©s par le ministère : de source syndicale, seules quelques universitĂ©s dites « de recherche intensive » seraient intĂ©ressĂ©es. A suivre ////////// Faut-il utiliser Zoom ou Teams dans la recherche et l’enseignement supĂ©rieur ? Pour la Commission nationale informatique et libertĂ©s (Cnil), c’est non //////////

Et si le Hcéres facturait ?

La Cour des comptes projette de rendre les Ă©valuations payantes. Le HcĂ©res n’est pas pour.

Du temps de cerveau. La lecture des rapports de la rue Cambon est toujours instructive (mais parfois rĂ©barbative). Celui consacrĂ© au Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supĂ©rieur (HcĂ©res), dirigĂ© par Thierry Coulhon (relisez notre interview de l’intĂ©ressĂ©) depuis novembre dernier, n’Ă©chappe pas Ă  la règle. Il prĂ©conise au passage d’envisager « une forme de cotation des unitĂ©s de recherche [pourtant abandonnĂ©e en 2013, NDLR] ».

Business model. Au passage, parce que l’objectif est ailleurs. Maintenant dotĂ© d’une personnalitĂ© morale, le HcĂ©res doit partir Ă  la conquĂŞte de son modèle Ă©conomique. La Cour des comptes a pu ainsi calculer le coĂ»t de l’Ă©valuation d’une unitĂ© de recherche : 11 000 euros environ (40 000 euros pour un Ă©tablissement) sachant que le HcĂ©res rend quatre Ă  cinq rapports par jour (!) depuis deux ans.

Facturez, je le veux. La Cour a pourtant une solution, pas des plus populaires : « L’introduction d’une facturation systĂ©matique auprès des universitĂ©s et autres structures (…) le rapprocherait d’autres modèles existant en France ». Les intĂ©ressĂ©s n’apprĂ©cient pas. ContactĂ©, le prĂ©sident du HcĂ©res Ă©carte tout retour des notations ou une possible facturation des Ă©valuations.

 Le JO au pas de course  On signale des conventions au titre des programmes d’investissement d’avenir : entre l’Ademe, l’ANR et BPIfrance sur le soutien au dĂ©ploiement et Ă  la maturation des technologies //////// Une modification rĂ©troactive de l’affichage de la liste Ă©lectorale dĂ©finitive des grands Ă©lecteurs Ă©tudiants pour le Cneser ////////

On vous a transfĂ©rĂ© ce mail ? On est flattĂ©. Maintenant testez-nous jusqu’Ă  fin juin grâce au Consortium Couperin : cliquez ici.

 Ils refont leur carte de visite  Sont nommĂ©s membres de l’Institut universitaire de France Ă  compter du 1er octobre, pour cinq ans, les enseignants-chercheurs suivants, dont une poignĂ©e au titre de la mĂ©diation scientifique, une nouveautĂ© introduite par la loi Recherche /////// La composition du Conseil national des universitĂ©s est modifiĂ©e /////// Le mandat de Pierre Glaudes, directeur du dĂ©partement d’Ă©valuation de la recherche, est renouvelĂ© pour quatre ans au HcĂ©res, une nomination scrutĂ©e de près /////// Nathalie Cotte est nommĂ©e directrice de l’Observatoire des sciences de l’univers de Grenoble /////// Samuel Guibal est nommĂ© dĂ©lĂ©guĂ© rĂ©gional acadĂ©mique Ă  la recherche et Ă  l’innovation pour l’ĂŽle-de-France, Ă  compter du 1er juin 2021 /////// Quelques dĂ©missions et radiations sont Ă©galement parues /////// Dominique Dron est nommĂ©e au CA de l’Ifremer /////// Deux nominations au sein du CA de l’Inalco : Anne Gueguen et Philippe Roussel Gall /////// Julie Nguyen remplace GĂ©raldine Leveau au poste de conseillère en charge de l’innovation, des start-up et du numĂ©rique au cabinet de FrĂ©dĂ©rique Vidal /////// 

Votre revue de presse express

Et pour finir

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Tout est une question de perception, vous le saviez, mais ce Gif sans dessus-dessous vous le prouve.

 

 

 

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