BeyondLab

🔶 Chacun cherche son chat (de Schrödinger)



 

25 janvier 2021 /// l’actu de l’inno 

Le quantique
et moi et moi

Repoussé maintes fois puis annoncé la semaine dernière en grandes pompes à Saclay, le plan quantique est enfin devenu réalité !

Jai assisté à la visite du Président de la République jeudi dernier et je tenais à vous en retranscrire les temps forts – en dehors des 66 millions de procureurs.

Vous le savez peut-ĂŞtre, c’Ă©tait mon domaine de recherche (et je le prouve). Je suis intarissable sur le sujet ! Impossible donc de tout dire en un numĂ©ro.

Après un aperçu global aujourd’hui, vous dĂ©couvrirez dans quinze jours deux focus : l’un sur les communications, l’autre sur le fameux ordinateur quantique.

Bonne lecture,
Lucile de TheMetaNews

 PS. Avez-vous trouvĂ© la rĂ©ponse au quiz de notre dernier numĂ©ro ? Ce sont les vaccins Sputnik 5 et Oxford Astra Zeneca qui n’ont pas recours Ă  la technologie ARN. Ils utilisent des adĂ©novirus modifiĂ©s.

Si vous n’avez que 30 secondes

Tout vient de la paillasse

ĂŠtre quantique (ou ne pas ĂŞtre)
Science-fiction pour les profanes, défi pour les physiciens, enjeu pour les étants, le quantique fascine. Voilà pourquoi.

Le prochain processeur sera quantique

Back in the days. Le quantique, c’est quoi ? Des nouvelles technologies informatiques et de communication basĂ©es sur les principes de la mĂ©canique quantique. Cette dernière a rĂ©volutionnĂ© la physique Ă  partir des annĂ©es 1920 avec des concepts qui ont fait tourner les mĂ©ninges des plus grands physiciens et mathĂ©maticiens : Planck, Einstein, Dirac, Heisenberg…

Un monde parallèle. Parmi ces concepts, on peut citer la superposition d’état : tel le chat de Schrödinger à la fois mort et vivant, une particule peut être dans deux états en même temps tant qu’on ne la “regarde” pas. Mais aussi l’intrication – deux particules ont des corrélations fortes même si elles sont très éloignées.

Un potentiel Ă  explorer. Les applications de ces concepts aux technologies de l’information datent des annĂ©es 1980-90 avec le dĂ©veloppement de protocoles de cryptographie plus sĂ©curisĂ©s, mais Ă©galement d’algorithmes beaucoup plus efficaces. Toujours en thĂ©orie bien sĂ»r.

SouverainetĂ©. Des applications qui intĂ©ressent bien sĂ»r la dĂ©fense, que ce soit en France avec la direction gĂ©nĂ©rale de l’armement (DGA) ou bien aux Etats-Unis avec la Darpa. Rester dans la course internationale est donc une question de souverainetĂ© nationale tant sur le plan industriel que sur le plan militaire, comme l’a soulignĂ© Emmanuel Macron dans son discours Ă  Saclay.

La révolution en marche. Ces technologies quantiques ont beaucoup avancé grâce à la recherche fondamentale depuis 20 ans, et même si l’ordinateur quantique n’est pas pour demain, on semble être à un moment charnière. En quelques années, de nombreuses start-up de technologies ont éclos – une vingtaine rien qu’en France – et semblent trouver des investisseurs et de potentiels clients – notamment dans la finance.

Le plan quantique en quatre points
Une enveloppe conséquente. L’Etat promet un investissement total de 1,8 milliards d’euros sur quatre ans – provenant pour environ un milliard de ses poches, 500 millions d’euros du privé et le reste de l’Europe. Le paquet est mis sur l’ordinateur quantique avec 800 millions d’euros.
Combien pour la recherche fondamentale ? 725 millions d’euros seront distribuĂ©s aux organismes de recherche. L’entrepreneuriat (fonds d’investissement, incubateurs) est aussi Ă  l’honneur avec presque 440 millions d’euros. Pour comparaison, l’Europe avait lancĂ© en 2018 un Quantum Flagship Ă  hauteur de 1 milliard d’euros sur dix ans.

Instituts et universités. Le programme et équipement prioritaires de recherche (PEPR pour les intimes, 150 millions d’euros pour début 2021) sera piloté conjointement par le CNRS, le CEA et l’Inria. Mais les universités n’ont pas envie d’être oubliées et l’Udice a mis en avant trois grands “hubs quantiques” français parmi ses ouailles (Paris-Saclay, Grenoble-Alpes et Paris Centre).

Et les permanents ? Au niveau humain, 100 bourses de thèse ainsi que 50 financements de postdocs sont prévues par an. Auxquelles viennent s’ajouter 10 bourses jeunes talents par an pendant cinq ans. Pas de postes permanents, donc, pour encadrer tout ce beau monde.

RĂ©cit d’une visite en grandes pompes

ApprouvĂ© par l’ElysĂ©e

Quels étaient les enjeux de la visite présidentielle de jeudi dernier ? 

Un autographe sur un cahier de manip’

Emmanuel Macron est venu aux labos. Et pas n’importe lequel : le centre de nanosciences et de nanotechnologies de Palaiseau, dĂ©pendant du CNRS et de Paris-Saclay, est une des fiertĂ©s de la recherche française. Une “sĂ©quence”, comme disent les communicants, en deux temps :

Face A : la déambulation

Des chercheurs en vitrine. Avec pour guide le directeur du C2N, le Président a déambulé dans les couloirs et admiré à travers les fenêtres des hommes en blouses vertes dans les salles blanches – ces salles très propres où a lieu fabrication, assemblage ou même expérience d’une extrême précision. Par des signes de la main, ils se saluent et se remercient.

Quandela, la star(up). Emmanuel Macron passera plus de temps avec Quandela, une startup accueillie par le CNRS. Dans une salle remplie de tables optiques et de cryostats sifflant, un doctorant de seconde annĂ©e prĂ©sente la “manip”. Le PrĂ©sident lui demandera ce qu’il veut faire plus tard : rester dans la recherche – ouf ! A condition d’avoir un poste (voir encadrĂ© )

Echange de bons procédés. Valérian Giesz, co-fondateur de Quandela ne s’arrête plus de remercier le Président et les services de l’Etat qui ont aidé la start-up depuis son lancement : « Quandela est derrière vous ». En échange d’un cadeau – une source de photons uniques fibrée sur puce – Emmanuel Macron signe leur livre d’or.

Tandem. Enfin, deux paires d’acteurs privés, à chaque fois un gros industriel et une petite startup, présentent leurs dernières avancées : Thalès et Muquans sur les capteurs (c’est-à-dire antennes et mesures inertielles), Atos et Pasqal sur les ordinateurs quantiques (Lire notre prochain numéro sur le sujet dans 15 jours). Les entrepreneurs sont confiants : la France n’est pas en retard.

Face B : le discours

Des chercheurs heureux. Dans le hall du C2N, sont présents pour le discours quelques chercheurs, mais aussi des acteurs du privé comme Olivier Ezratty. Ce sont eux qui poussent pour ce plan depuis 2018 et ils sont aujourd’hui récompensés. Comme le physicien Alain Aspect, mentionné plusieurs fois lors de la visite et qui a été cité par le Président pendant son discours.

Le sens du poil. Collectif et coopĂ©ration sont des mots qui reviendront plusieurs fois dans la bouche du PrĂ©sident qui a remerciĂ© les chercheurs dans leur ensemble : « c’est grâce Ă  vous » et « votre travail »… et mis en avant une recherche libre – voulant certainement trancher avec de rĂ©centes polĂ©miques.

 Cherchez le ou les intrus parmi les quatre ordinateurs ci-dessous !  Lequel ou lesquels de ces ordinateurs n’ont pas (encore) atteint la suprĂ©matie quantique (kesaco) ? De gauche Ă  droite, de haut en bas : celui d’IBM, d’Atos, Jiuzhang ou bien celui de Google ? L’article WikipĂ©dia peut vous aider.









 Des infos en vrac   Sept start-up issues du CNRS ont présenté leurs innovations au Consumer Electronics Show de Las Vegas. De quoi rêver de grandeur //////////// Des employés maltraités se lâchent sur Instagram avec #balancetastartup. Pas  de deeptech dans le lot, heureusement /////////// Les finales du hackathon spatial international ActInSpace auront lieu début février. A la clé, un vol Zéro-G ! /////////// 

Ils parlent d’inno (alors on vous en parle)

Et pour finir
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Si Queneau savait coder, il aurait développé le fameux pipotron. Ce générateur de phrases aléatoire fêtera bientôt ses 15 ans – le temps passe vite ! Et il existe même une version spéciale physicotron.

 

 

 

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