InsideLab

🍀 Succomberez-vous au chant de Twitter ?



 



05 mars 2021 /// L’actu des labos

Une Ă©quation Ă 
7,6 milliards d’inconnus

Sommes-nous trop nombreux sur Terre ? Dans son dernier numéro, Socialter aborde la question sans tabou. Fait amusant, le magazine rappelle que certains philosophes avaient pensé l’enjeu démographique à travers les mathématiques.

Platon semblait avoir une idée bien précise – et presque mystique – du nombre idéal d’habitants dans la cité, sobrement nommé le nombre nuptial. Mais était-ce 216, 17 500 ou 5 040 ? Il a laissé une énigme aux matheux.

Quant à Fourier – Charles et non Joseph –, sa phalanstère pas si utopique devait comprendre 1 620 individus, permettant ainsi de retrouver dans la population tous les caractères issus par combinaison des 12 passions.

Ni trop peu, ni trop nombreux, les hommes auraient donc pu accĂ©der au bonheur. En revanche, personne ne sait si il est aujourd’hui trop tard.

Bonne lecture Ă  tous,
Lucile de TMN

Si vous n’avez que 30 secondes


Cinq minutes de lecture pour relever la tĂŞte


Faut-il céder au chant de Twitter ?

Parler de science entre scientifiques sur Twitter, c’est possible et cela peut vous apporter beaucoup. On résume.

RĂ©ponse : vous pouvez y aller
(ici Kirk Douglas dans Ulysse).
Un mal nĂ©cessaire. Twitter est-il un « caniveau de la pensĂ©e » ? Une perte de temps ? Alors, oui, le rĂ©seau social peut ĂŞtre le lieu de violences (coucou Donald Trump), de harcèlement ou de reproduction des dominations. Mais on ne peut nier ce qu’il offre aux chercheurs, affirment les auteurs d’un billet publiĂ© sur le carnet Acquis de conscience.

La preuve par l’image. Et cela rĂ©pond Ă  un besoin rĂ©el. Pour le mettre en Ă©vidence, les deux historiens Caroline Muller et FrĂ©dĂ©ric Clavert ont organisĂ© une consultation Ă  propos des apports de Twitter… sur Twitter, bien sĂ»r ! Les rĂ©sultats sont consultables sous forme d’une belle datavisualisation. Trois grands types d’usage du rĂ©seau social ressortent :

  1.  Une aide technique  En y posant une question, les chercheurs trouvent des conseils pertinents. Par exemple, il est possible de dénicher des outils de rédaction (Markdown, Zotero…) adaptés.
  2.  Un soutien  Doutes sur un choix de carrière, gestion de conflit entre collègues… La communauté peut aussi faire montre de solidarité et vous mettre en contact avec des mentors.
  3.  De la veille  Twitter permet la découverte d’activités de recherche insoupçonnées. De quoi ouvrir son champ de vision et pourquoi pas lier de nouvelles collaborations. 

Conversations « 2.0 »
Les Ă©changes sur Twitter sont souvent tranchants, directs, horizontaux, ce qui peut s’avĂ©rer dĂ©stabilisant, voire inconfortable. Bien loin de la traditionnelle « question en forme de remarque » en fin de confĂ©rence dans le « calme feutrĂ© qui règne devant les buffets de petit-dĂ©jeuner des congrès ». Et pourtant, la conversation scientifique, cet « Ă©change fructueux d’idĂ©es, de ressources, de compĂ©tences », est possible sur Twitter, mĂŞme si l’anonymat permis par le rĂ©seau la complique parfois.

Le Twitter scientifique

Twitter pour le meilleur… et le meilleur

Voici les bons côtés du réseau illustrés par des exemples concrets et des astuces pour ne pas y perdre des plumes.

Caroline Muller et Frédéric Clavert
ont fait de Twitter leur nouveau terrain.
 Soutenance en direct  Grâce au “live tweet”, il est possible de suivre en direct la soutenance d’une thèse ou d’un HDR. En pratique, un “twittos” va poster une succession de messages qui retranscrivent les grandes lignes d’une prĂ©sentation (un exemple).

 A deux endroits en même temps  Toujours grâce au live tweet, il est possible de suivre deux sessions parallèles d’une conférence. C’est ainsi que Frédéric Clavert a compris le potentiel de Twitter dès 2009 : « Nous échangions des questions via Twitter d’une session à l’autre, c’était très stimulant ».

 Partageons nos lectures  Des discussions bibliographiques ont également lieu sur Twitter, il suffit de trouver le bon filon. En histoire, cela passe par le hashtag #VendrediHIST, qui permet de renouveler ses idées de lecture.

 Let’s collaborate !  Twitter est un lieu privilĂ©giĂ© pour entrer en contact avec d’autres chercheurs ; Caroline Muller et FrĂ©dĂ©ric Clavert se sont connus de cette manière. Ce dernier raconte : « J’ai rebondi à un tweet de Caroline, puis nous avons Ă©changĂ© plus longuement ». Et voici comme est nĂ© leur projet Le goĂ»t de l’archive Ă  l’ère du numĂ©rique.

Une réaction ? Laissez-nous un message !

 Débuter en douceur  Quand on arrive sur Twitter, on est un peu perdu. Frédéric Clavert en témoigne : « En 2008, quand j’ai ouvert mon compte, je n’ai rien compris ». Il faut donc être patient et entamer une « période d’observation ». Pour trouver des comptes pertinents, l’historien conseille de demander à ses collègues ou de rechercher des condisciples sur le réseau.

 Réfléchir avant de (re)twitter  Ça ne vous aura pas échappé, l’émotion est au cœur des réseaux sociaux et le partage de tweets – ou retweet – peut être mal interprété. L’historien recommande à tout un chacun de se méfier de ses propres émotions et de « limiter les retweets, surtout dans la colère ».

 Expliquer son jargon  La publicité des dĂ©bats est Ă  double tranchant : parfois, des novices “dĂ©barquent” dans des dĂ©bats de spĂ©cialistes, qui peuvent ĂŞtre mal compris. D’oĂą l’importance de ne pas perdre de vue qu’il s’agit d’un jargon professionnel et ne pas hĂ©siter Ă  le redĂ©finir pour les novices.

 Savoir s’arrêter  Enfin, les débats peuvent s’avérer très tendus, notamment sur des sujets polémiques – et il y a de quoi faire en ce moment. Il faut parfois laisser tomber une conversation lorsqu’elle s’éloigne trop de son domaine d’expertise ou touche au politique.

Un outil pour bien citer

Comment éviter les publis zombies

Ce logiciel peut vous aider à éviter les citations d’articles rĂ©tractĂ©s.

Une publi rétractée ne devrait pas
revenir Ă  la vie.

Scite Reference Check recense les citations de publications rétractées ; ce robot est maintenant sur Twitter (tiens tiens, encore !). Il s’agit d’une nouvelle fonctionnalité de scite, un outil qui, vous vous en rappelez peut-être, permet entre autres de vérifier le caractère positif ou négatif des citations. Comme le rappelle Hervé Maisonneuve, la citation de papiers rétractés est un vrai problème : s’il est acceptable de le faire en précisant bien leur statut, cette règle est très peu suivie, dans environ 4% des cas.

Un chiffre plutĂ´t qu’un long discours

 11% 

C’est la proportion de femmes parmi les 1051 auteurs qui ont le plus publiĂ© depuis 1945 en Ă©cologie et biologie de la conservation. Mais les choses s’amĂ©liorent, note cette étude publiĂ©e dans Conservation Letters : de 3% d’autrices en 1945, on arrive aujourd’hui Ă  18%.

 Des infos en passant   Une nouvelle charte pour les animaux en recherche biomédicale en France : la suite d’un mouvement européen //////// Balance ta thèse, une initiative sur Twitter pour témoigner des violences subies par les doctorants //////// Voici le guide de protection des données par l’InSHS ////////

On vous a transfĂ©rĂ© ce mail ? On est flattĂ©. On le serait encore plus si vous acceptiez de nous tester : cliquez ici ou rĂ©pondez “oui” Ă  ce mail.

//////// Faut-il en finir avec les distinctions scientifiques individuelles ? Deux chercheurs s’opposent dans Horizons, le magazine suisse //////// Pourquoi les docteurs belges ne poursuivent pas dans l’académie ? A cause du manque de postes, répond plus de la moitié //////// 

Votre revue
de presse express

Et pour finir…
—

Ce pourrait être une solution au problème démographique — au moins pour certains – mais ce n’est pas demain que nous irons sur Mars. Avant-hier, l’énième essai de Starship a été un demi succès : la fusée s’est bien reposée mais a explosé. Qui veut aller sur Mars ?

 

 

 

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