InsideLab

🍀 Pathologiquement modeste



 



09 avril 2021 | L’actu des labos

Une dernière
ration de raison

Les scientifiques sont-ils des êtres rationnels ? Revenons un instant sur le serment des docteurs évoqué la semaine dernière. Si aucune sanction n’est prévue, de quoi devrions-nous avoir peur en prêtant serment ? Rien ne va nous arriver ! Pourtant, il semblerait qu’une grande partie d’entre nous y soit sensible.

Peut-être avons-nous une part de spiritualité ? Est-ce d’ailleurs incompatible avec la science ? Étienne Klein l’affirmait il y a quelques jours  : on peut être rationnel en physique et avoir une spiritualité, voire une religion car la science ne tente de répondre qu’à une petite partie des questions de la vie.

Bonne lecture,
Lucile de TMN

 PS  Spirituel, religieux ou pastafarien, avez-vous partagé la nouvelle de notre test Couperin ?

Si vous n’avez que 30 secondes


Quatre minutes de lecture bien rassurante


Je suis modeste
(mais je me soigne)
 

Le syndrome de l’imposteur peut toucher tout un chacun ; les chercheurs ne sont Ă©videmment pas Ă©pargnĂ©s.

Qui se cache derrière
le masque d’imposteur ?

AutodĂ©prĂ©ciation permanente… S’il n’est pas un trouble mental au sens psychiatrique du terme, le syndrome de l’imposteur est un ensemble de signes qui ne sont pas Ă  nĂ©gliger. L’un d’entre eux ? Mettre toutes ses rĂ©ussites sur le compte de facteurs externes, comme la chance, s’attribuer les Ă©checs sur le mode « je ne suis pas assez bon » ou ĂŞtre tenaillĂ© par la peur que son « imposture » puisse ĂŞtre dĂ©couverte. Quelles sont les consĂ©quences de cette « modestie pathologique » ?

  1.  Le surmenage  « Je dois travailler plus dur que les autres »

  2.  Une dégradation de l’image de soi  « Je ne suis pas à la hauteur, je suis un menteur  »

  3.  L’auto-sabotage  On refuse certaines tâches ou on travaille au dernier moment car on a peur de l’échec

… mais autodĂ©prĂ©ciation rĂ©versible. Rassurez-vous si ces pensĂ©es vous sont familières, vous n’ĂŞtes pas le ou la seul·e. Pour Jeanne Boisselier (▼ lire son interview ▼), ce syndrome de l’imposteur, favorisĂ© par le contexte social, est tout Ă  fait rĂ©versible. 

Vous pensez ĂŞtre un imposteur ? TĂ©moignez

Quatre questions Ă … Jeanne Boisselier
« Le doctorat est un terreau favorable »

Jeanne Boisselier vient de dispenser une première formation à l’attention des doctorants et nous éclaire sur le syndrome de l’imposteur.



Une chercheuse qui
peut aussi vous hypnotiser

Comment savoir si l’on est atteint par le syndrome de l’imposteur ? 
Difficile d’y voir clair car une fois atteint par ce syndrome, les pensées sont distordues pour aller dans le sens de sa croyance : on est un imposteur. Mais il existe tout de même une forme de lucidité, que nous avons détectée dans les expressions libres des répondants à notre enquête Doctopus. Le savoir ne veut pas dire guérir mais permet de remettre en question son mode de pensée, ce qui est une première étape.

Les doctorants sont-ils particulièrement touchés ? 
Nous pensons que le doctorat est un terreau favorable. Ce n’est pas prouvé par des études rigoureuses mais de nombreux indices vont dans ce sens. En tant que doctorant, les mesures fiables manquent pour savoir si l’on fait « bien ou pas bien », ce que recherchent justement les personnes présentant le syndrome de l’imposteur. Venant de master, le gap est énorme : les doctorants sont souvent évalués sur le long terme, de manière abstraite, parmi des chercheurs possédant trente ans d’expérience.

Les encadrants peuvent-ils aider ? 
C’est super si l’encadrant est rassurant. Mais une bonne relation avec son directeur de thèse peut ne pas suffire : un doctorant Ă©volue dans un cadre beaucoup plus large, au milieu d’autres doctorants plus âgĂ©s et de chercheurs parfois reconnus… De manière gĂ©nĂ©rale, nous recommandons de demander l’avis de personnes de confiance.

Les femmes sont-elles plus touchées ? 
Nous manquons de donnĂ©es sur le sujet mais une chose est certaine : le sentiment d’imposture touche particulièrement les minoritĂ©s – de classes sociales, d’origine, de couleur de peau… En l’absence de modèle, l’identification est plus difficile et la solitude peut se faire ressentir, conduisant Ă  penser que la personne n’est pas Ă  la bonne place. Dans certaines disciplines oĂą les femmes sont en minoritĂ©, celles-ci peuvent ĂŞtre plus enclines Ă  dĂ©velopper ce syndrome.

 Qui est-elle ?  Docteure en psychologie sociale et psychologue, Jeanne Boisselier a co-fondé avec Colin Lemée (relire ici son interview) l’association Doctopus. Sorte de mini-observatoire de la vie étudiante, Doctopus a réalisé des enquêtes sur la santé des doctorants – on vous en parlait déjà en novembre 2019 – et propose aujourd’hui des formations.

Un outil totalement open
Mes publis sont-elles en libre accès ?



Google is watching you
 Un rĂ©cap’ en un clin d’Ĺ“il.  Depuis quelques jours, Google Scholar affiche sur votre profil une nouvelle section open access. Celle-ci indique si vous avez bien mis en accès libre vos publications qui peuvent l’être. Mais comment le sait-il ? Simple : le système trouve automatiquement dans les remerciements de vos publications l’agence qui vous a financĂ© et consulte sa politique d’accès. Une aide bienvenue ou un mur de la honte ? InterviewĂ© par Nature, le cofondateur de Scholar rĂ©pond aux critiques et dĂ©taille sa dĂ©marche. Ouf, me concernant je suis en règle ! Et vous ?

Un chiffre conventionnel

 1 sur 10 

C’est la proportion de doctorants financĂ©s par le dispositif Cifre, d’après l’AEF Data-Sup. Ce chiffre n’a pas bougĂ© entre 2009 et 2018. Les sciences et technologies de l’information et de la communication sont les plus financĂ©es, suivie des sciences de l’ingĂ©nieur et de la chimie. Quant aux moins reprĂ©sentĂ©es, on pourrait penser aux SHS mais ce sont en rĂ©alitĂ© les sciences de l’environnement ! La loi recherche permettra de passer de 1 400 thèses Cifre par an en 2017 Ă  2 150 en 2027, assurait rĂ©cemment FrĂ©dĂ©rique Vidal.

 Des infos en passant   Voici une nouvelle venue dans la longue liste des disciplines : la science de la durabilité ou comment vivre dans les limites planétaires : l’IRD organise une émission sur le sujet le 21 avril //////// Le vaccin contre la Covid est-il la démonstration de l’importance des modèles animaux ? L’European Animal Research Association (EARA) espère le prouver à l’acteur Ricky Gervais, militant de la cause animale //////// L’Algérie prend des dispositions législatives pour lutter contre le plagiat, relate le blog Rédaction Médicale qui rappelle au passage les dix conséquences du plagiat //////// 

On vous a transfĂ©rĂ© ce mail ? On est flattĂ©. C’est le moment ou jamais de nous tester grâce au consortium Couperin : cliquez ici.

//////// Voici Numerev, un portail de ressources interdisciplinaires mais aussi “workflow” d’édition scientifique. Ce projet portĂ© par des acteurs acadĂ©miques en SHS est à dĂ©couvrir en vidĂ©o //////// Des fiches pratiques autour des recherches bibliographiques et des processus de publications par le service IST d’Agropolis //////// « Science, risques et principe de prĂ©caution », c’est le titre du nouvel avis du comitĂ© d’éthique du CNRS (on vous en reparle bientĂ´t) //////// Des chercheurs ont fait l’expĂ©rience pour une Ă©tude publiĂ©e dans eLife : les articles provenant d’institutions prestigieuses ne sont pas plus facilement acceptĂ©s par les reviewers //////// 

Votre revue
de presse express

Et pour finir…
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Les fourmis. Vous rĂŞvez de voir quand et comment se dĂ©placent les gens ? Le Mobiliscope vous montre, heure par heure, le nombre de personnes prĂ©sentes, par classe d’âge ou catĂ©gorie sociale, dans 10 000 communes françaises. Il peut mĂŞme devenir un outil pour vos recherches.

 

 

 

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