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🍀 Levez la main droite et dites…



 



02 avril 2021 /// L’actu des labos

Paillettes
& galère

Quand on commence une thèse, on a des étoiles dans les yeux tout en étant bien conscient de devoir faire ses preuves : le mérite viendra à la sueur de nos neurones.

La vie d’un jeune chercheur n’est donc pas de tout repos. Et en sciences humaines et sociales, elle l’est encore moins : vacations Ă  rĂ©pĂ©tition, parfois peu d’encadrement…

J’en veux pour preuve le rĂ©cent podcast Qu’avons-nous fait de la recherche ou la bande dessinĂ©e Carnets de thèse, dont les autrices ont bien connu le milieu de la recherche.

Et si vous avez besoin d’en rire, visionnez plutôt la vidéo un peu plus bas ▼

Bonne lecture,
Lucile de TMN

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Si vous n’avez que 30 secondes


Six minutes de lecture bien responsable


Levez la main droite et dites… 

Un serment pour les médecins, les pharmaciens, les avocats… et maintenant les chercheurs ? On fait le point.

Le serment des chercheurs,
une idée révolutionnaire ?

CulpabilitĂ©. Faire prĂŞter serment aux chercheurs ? L’idĂ©e n’est pas nouvelle. Après la seconde guerre mondiale, la responsabilitĂ© morale du chercheur est très prĂ©sente dans ces discussions, comme en atteste Karl Popper en 1971. Pour le physicien JĂłzef Rotblat, qui a travaillĂ© sur le projet Manhattan avant de militer contre les armes nuclĂ©aires, un serment, d’une portĂ©e avant tout symbolique, pousserait les jeunes chercheurs Ă  rĂ©flĂ©chir aux consĂ©quences de leurs travaux.

Du concret. Le monde francophone n’est pas en reste : en 1993, l’École polytechnique fĂ©dĂ©rale de Lausanne lance le serment d’Archimède qui dĂ©cline en dix points ce thème de la responsabilitĂ© morale. Le philosophe Michel Serres et l’astrophysicien Pierre LĂ©na ont eux proposĂ© dans un texte aux accents lyriques que les scientifiques jurent de dĂ©vouer leurs travaux « Ă  l’égalitĂ© entre les hommes, Ă  leur survie, Ă  leur Ă©lĂ©vation et Ă  leur libertĂ© ».

Collectif avant tout. Cette vision est loin de faire l’unanimité. Une grande partie des chercheurs n’acceptent pas que l’on les tienne pour responsable des applications issues de leurs travaux — qui devraient faire l’objet de réglementations collectives. Ceci explique entre autres pourquoi l’idée d’un serment a toujours mauvaise presse au sein de certains syndicats, qui y voient une menace pour l’indépendance des chercheurs.

Peur de la censure. Il y a 20 ans, les sociĂ©tĂ©s savantes amĂ©ricaines se rĂ©unissaient pour dĂ©battre de l’idĂ©e du serment sans se mettre d’accord. Leurs conclusions : s’il est un bon point pour l’image des scientifiques dans la sociĂ©tĂ© (c’est Ă©galement l’avis de FrĂ©dĂ©rique Vidal), le serment pourrait devenir un outil de censure des libertĂ©s acadĂ©miques. Les actuels dĂ©bats autour de la loi de bioĂ©thique ou de l’islamogauchisme ne rassurent personne.

 Toujours bon d’en parler  MalgrĂ© leur impossibilitĂ© de s’accorder sur la formulation d’un serment, les sociĂ©tĂ©s savantes amĂ©ricaines actaient toutefois l’utilitĂ© de ces rĂ©flexions. On fait le pari qu’il en sera de mĂŞme en France.

Prêter serment, ça vous parle ? Témoignez

Un serment pour l’intĂ©gritĂ©
L’idĂ©e de prĂŞter serment renaĂ®t aujourd’hui avec un objectif : dĂ©fendre l’intĂ©gritĂ© scientifique. Il servirait aussi de protection aux jeunes chercheurs face Ă  l’injonction du « publish or perish ». Ce sont « des postdocs en biologie dĂ©semparĂ©s face Ă  leurs chefs d’équipe » qui ont poussĂ© le sĂ©nateur Pierre Ouzoulias, lui-mĂŞme chercheur, à lĂ©gifĂ©rer pour leur permettre « une sorte de clause de conscience ». L’article 18 de la loi recherche ainsi prĂ©cise que le futur texte du serment engagera le candidat Ă  « respecter les principes et les exigences de l’intĂ©gritĂ© scientifique ». « Il pourra donc difficilement ĂŞtre dĂ©tournĂ© », rassure le sĂ©nateur. Enfin, plus techniquement, le texte du serment sera dĂ©fini par arrĂŞtĂ©, plus lĂ©ger et facile Ă  modifier qu’un dĂ©cret.

Quatre questions Ă … Sylvie Pommier
« Il ne faut pas imposer un texte »

PrĂŞter serment ou pas ? La prĂ©sidente du RĂ©seau national des collèges doctoraux (RNCD), Sylvie Pommier s’exprime.



Voyez-vous d’un bon œil le serment pour les docteurs ? 

Cet amendement n’était pas une attente du RNCD mais l’idée du serment n’est pas mauvaise. Ce n’est pas totalement surprenant car de nombreuses professions assermentées [en voici une liste, NDLR] possèdent un serment d’exercice où l’on jure de respecter un code de déontologie : les magistrats par exemple, mais aussi les facteurs !

Doit-on s’en inspirer pour les chercheurs ?
Pas forcĂ©ment car c’est bien au moment de la soutenance que ce serment est prĂ©vu et non Ă  l’entrĂ©e en fonction d’un chercheur ou mĂŞme au dĂ©but du doctorat. Ce qui aurait Ă©tĂ© d’ailleurs une façon de signifier aux doctorants qu’ils Ă©taient dĂ©jĂ  reconnus comme des chercheurs. Le texte doit ĂŞtre pensĂ© en consĂ©quence et aurait avant tout une valeur symbolique.

Quels principes devraient ĂŞtre mis en avant dans le texte, selon vous ?
Ceux de l’intégrité scientifique. Le texte devrait porter les valeurs de la recherche qui peuvent ensuite irriguer tous les autres secteurs vers lesquels les docteurs s’orientent, pour environ la moitié d’entre eux. La reconnaissance de cette manière d’aborder les problèmes du monde – en s’appuyant sur des faits étayés, des sources fiables et des résultats croisés –  est aussi une façon de valoriser le doctorat.

Comment faire pour que les doctorants se l’approprient ?
Pour qu’ils puissent y adhĂ©rer, il faut une concertation sur la rĂ©daction du serment. Tout d’abord au niveau national avec la CPU, le RNCD et les associations de docteurs [comme l’ANDès qui a organisĂ© une session d’Ă©change sur le sujet, NDLR] mais aussi au niveau local. Si deux options sont proposĂ©es, cela permettra des dĂ©bats utiles Ă  l’appropriation dans les universitĂ©s. Il ne faut pas imposer un texte.

 

La rĂ©daction de la thèse, vous savez ce que c’est de l’intĂ©rieur (ou vous allez bientĂ´t le savoir) mais savez-vous ce que les autres en pensent ? L’humoriste belge GuiHome vous donne son avis ! Merci Ă  notre fidèle lecteur Jean-NoĂ«l Amato qui nous l’a signalĂ©e.

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Un chiffre rythmé

 135,6 

C’est le nombre d’annĂ©es avant de parvenir mondialement Ă  la paritĂ© femmes-hommes au rythme actuel. Les inĂ©galitĂ©s sur les plans Ă  la fois Ă©conomique, politique, de santĂ© ou encore d’éducation ont Ă©tĂ© prises en compte par cette Ă©tude du Forum Ă©conomique mondial. Le plus inquiĂ©tant est que l’Ă©pidĂ©mie de la Covid a ralenti le rythme : l’an dernier, l’estimation n’Ă©tait que de 100 ans !

 Des infos en passant   Après le h-index, des chercheurs introduisent le rh-index dans un article de Scientometrics. Avec un “r” pour robuste, il est dĂ©barrassĂ© des citations faites par vos collaborateurs //////// Co-Ă©crire et co-publier dans le respect de l’éthique, voici de bons conseils sur le blog Impact of Social Science (qui font Ă©cho Ă  l’interview de Michelle BergadaĂ ) //////// Open Research Europe : une nouvelle plateforme en libre accès (encore une) pour dĂ©poser ses publications issues des travaux de recherche financĂ©s par Horizon Europe //////// 

On vous a transfĂ©rĂ© ce mail ? On est flattĂ©. C’est le moment ou jamais de nous tester grâce au consortium Couperin : cliquez ici.

//////// « Qu’est-ce qu’un fait établi ? Comment se trompe-t-on ? », le cycle de séminaire d’épistémologie du centre d’Alembert propose son 7ème épisode axé sur la discipline de l’économie jeudi 8 avril à 14h //////// Répliquer une étude pour tester la validité de résultats précédents – parfois aussi appelée reproductibilité – est une pratique encore trop rare. Des chercheurs font le bilan sur le blog The Replication Network //////// Si vous avez des talents de réalisateur, l’appel à film du festival Pariscience est ouvert //////// 

Votre revue
de presse express

Et pour finir…
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Charlie à plumes. Voyez-vous un pingouin ? Pourtant, il est bien là, au milieu des employés de la Nasa. Nature a fait voyager le personnage fictif Leif Penguinson aux quatre coins du monde. Si vos yeux vous font défaut, la réponse est en image ici.

 

 

 

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