InsideLab

🍀 Les robots publient aussi

 

 



11 juin 2021 | La recherche et sa pratique 

Terminator,
version chercheur 

Plus besoin d’Ă©crire des papiers, des robots le font Ă  votre place ! Sauf que les ordinateurs ne sont pas encore assez “intelligents” pour y mettre du sens. Vous ne serez donc pas remplacĂ© tout de suite.

L’intelligence artificielle et le langage ? Ce sera justement le sujet de BeyondLab lundi prochain. En attendant, voici comment deux chercheurs dĂ©tectent ces fausses publications qui polluent la littĂ©rature scientifique.

Bonne lecture,
Lucile de TMN

Si vous n’avez que 30 secondes
  • Guillaume Cabanac et Cyril LabbĂ© traquent les faux articles
  • Un outil pour bien vulgariser
  • Votre revue de presse express
  • Et pour finir avec de l’art automatique


Quatre minutes Ă  lire un ĂŞtre humain


Quelques questions Ă … Guillaume Cabanac et Cyril LabbĂ©

« Ces publis sont le signe d’un dysfonctionnement »

Ces deux chercheurs ont développé un outil pour détecter les faux articles et scrutent la littérature scientifique.

De l’informatique Ă  la scientomĂ©trie, il n’y a qu’un pas

Est-ce simple de générer un faux article ?
GC Pour un informaticien, oui. Auparavant, l’outil SCIgen était accessible à tous via un formulaire en ligne mais ne fonctionne plus ; le code reste disponible et c’est juste un script à lancer. Il existe aussi des variantes pour d’autres disciplines : Mathgen, PhysGen… On peut également paramétrer, en plus du titre et des auteurs, le vocabulaire utilisé. Puis, après avoir récupéré le code LaTeX, il est possible d’ajouter de vraies références.

Quel est le but des auteurs ?
GC Il y a plusieurs cas de figure. Certains chercheurs veulent juste s’amuser et générer un faux papier co-signé avec Albert Einstein par exemple. On en a même retrouvés sur des pages personnelles de sites officiels (CNRS, universités…), sans aucune précision. Le problème est que Google indexe tous ces articles, comme l’avait montré Cyril en créant un faux auteur, Ike Antkare [qui s’était retrouvé dans les highly cited researchers en 2010, NDLR].

Et pour les faux articles qui se retrouvent dans des revues ?
CL
En effet, certains chercheurs soumettent ces articles Ă  des revues… et ils sont parfois acceptĂ©s. Les objectifs sont clairs : le bourrage de CV ou la manipulation de citation.
GC Quelques chercheurs génèrent également de faux articles en leur nom pour piéger les revues. Mais là aussi, il faut faire attention à ne pas créer la confusion entre les vrais et les faux.

Les reviewers peuvent-ils détecter facilement ces faux articles ?
CL
Oui, un faux article dans sa discipline se remarque tout de suite. Quand certains sont acceptés dans des revues, cela signifie qu’il n’y a pas eu de peer-review ou que les reviewers étaient incompétents.
GC Parfois, c’est subtil : seul un paragraphe est généré automatiquement. Il faut alors lire attentivement l’article en entier pour le remarquer.

L’outil de détection que vous proposez est-il la solution ?
CL
Si la détection est faite après publication, c’est trop tard. Elle serait donc utile si elle était faite avant même d’envoyer l’article aux reviewers. C’est aussi l’avantage des preprints, qui permettent la détection plus en amont. Mais la solution devrait être plus globale : arrêter de pousser à ce point les chercheurs à publier.

Vous voulez réagir ? On vous lira

Des Ă©diteurs laxistes ?
Dans un article (un vrai, celui-là) publié le mois dernier dans JASIST, les deux enseignants-chercheurs ont découvert que seulement 20% des faux papiers détectés par leur outil et acceptés dans des revues ont bien été rétractés. Parmi les revues concernées, on trouve quelques revues prédatrices mais pas que : les éditeurs IEEE et Elsevier regroupent un cinquième des faux articles publiés. Si la proportion de faux papiers reste faible (75 pour un million en informatique), pour Cyril Labbé, « ils sont le signal d’un dysfonctionnement ».

Un chiffre qui en dit long

 Cinq 

C’est le nombre d’universités françaises à avoir signé la déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche (DORA). Quelques mois après la conférence organisée par l’Ofis pour « promouvoir un environnement favorable à une science intègre », l’université de Lorraine devient la cinquième université française à rejoindre les presque 20 000 signataires à l’international. Côté organismes de recherche, tous les six (CNRS, Inrae, Inserm, Ined, Inria, IRD) ont déjà signé, avec des conséquences sur les recrutements (exemple en économie, dont on vous parlait ici).

Un outil de formation

Objectif vulgarisation



Histoire de briser le mythe de la blouse blanche
 Lancer des actions de vulgarisation, vous en rêvez ?  ComSciCon, le workshop de formation à la communication scientifique dédié aux doctorantes et doctorants est de retour pour une seconde édition entièrement en distanciel les 10 et 11 septembre 2021. Ateliers pratiques, partages de projets et rencontres seront encadrés par des spécialistes de la communication scientifique. Déposez votre candidature jusqu’au 30 juin.

 Des infos en passant   Vous avez jusqu’au 23 juin pour répondre à l’enquête de “satisfaction” de plan S sur la science ouverte //////// Rendre plus écolo les simulations en optimisant le code ? Des chercheurs s’y intéressent, communique l’Insis //////// La plateforme de preprint arXiv appelle aux dons (principalement les institutions et les entreprises) //////// 

On vous a transfĂ©rĂ© ce mail ? On est flattĂ©. C’est le moment ou jamais de nous tester grâce au consortium Couperin : cliquez ici.

//////// Quel est le rôle du collectif en recherche ? Chercheur ou non chercheur, jouez à l’expérimentation scientifique avec l’Institut des systèmes complexes //////// Toujours avec les mêmes : une journée Art et Sciences est organisée le 8 octobre. L’appel à participation est ouvert jusqu’au 30 juin //////// La précarité dans la recherche, c’est le sujet du dernier rapport de l’OCDE qui se concentre sur les postdocs, avec une enquête très qualitative et des recommandations ////////

Votre revue
de presse express

Et pour finir…
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Après la gĂ©nĂ©ration de texte, voici la gĂ©nĂ©ration d’Ĺ“uvre d’art par ordinateur ! Jonathan McCabe, artiste et chercheur australien, rĂ©alise des mĂ©ta-crĂ©ations d’art gĂ©nĂ©ratif sur un principe similaire aux fractales.

 

 

 

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