InsideLab

🍀 Les chevaliers blancs de la science


 



22 janvier 2021 /// L’actu des labos

Le doute
et ses marchands

Si le doute est inhérent à la science, il peut aussi faire des ravages dans l’opinion publique. La technique classique du journalisme consistant à donner la parole à deux camps opposés ne convient pas toujours.

Il faut en effet savoir identifier, après analyse des travaux et publications, qui est légitime pour s’exprimer sur une question et comprendre quel est le consensus actuel – car la science est avant tout un exercice collectif. C’est le propre du journalisme scientifique.

La manipulation de l’opinion publique par le doute vient parfois directement de scientifiques. Si l’exemple très particulier de Didier Raoult est toujours à nos esprits, les historiens des sciences ont mis en évidence de nombreux cas de mensonges en bande organisée.

Tabagisme passif, pluies acides, changement climatique… Avec en point commun l’industrie derrière pour appuyer la rhétorique orwellienne de la « science bien fondée ». Des marchands de doute, en somme.

Bonne lecture,
Lucile de TMN

 PS  Emmanuel Macron Ă©tait en visite Ă  Paris Saclay hier, pour annoncer le plan quantique et j’y Ă©tais. Vous saurez tout lundi dans BeyondLab !


Voici quatre minutes de lecture critique


La science a-t-elle besoin de sauveurs ?

Combattre les fausses infos scientifiques, c’est l’objectif de la nouvelle association Citizen4Science. 

Toujours se méfier des faux dieux.

DĂ©fendre la bonne cause. « On assiste Ă  une perte de repère de la population par rapport Ă  la fausse science, visible sur les rĂ©seaux sociaux », tĂ©moigne Mathieu Molimard, professeur en pharmacologie dans la vie. Ce constat est partagĂ© par ses cinq acolytes, tous du domaine de la santĂ©, Ă  l’origine du projet Citizen4Science. Tous se sont rencontrĂ©s sur Twitter avec un leitmotiv : « On a assez piĂ©tinĂ© la science ».Diffuser la “bonne” parole. Ainsi est nĂ©e l’association Citizen4Science (C4S pour les intimes) en dĂ©cembre dernier. Si le nom évoque les sciences participatives (citizen science en anglais), l’approche est plutĂ´t Ă  sens unique. « Il y a deux volets : l’un de vulgarisation – restituer la bonne science – et le second de communication – par exemple Ă©duquer les journalistes aux bonnes pratiques », explique sa prĂ©sidente, Fabienne Pinson, docteure en pharmacie.

 « Comment dire quelle est la “bonne science” ? » 
Yves Sciama, journaliste scientifique

Sortir de sa bulle. Sans leur ĂŞtre destinĂ©e, l’initiative Citizen4Science s’adresse Ă©galement aux chercheurs. « Je n’aurais jamais cru devoir faire ça [monter l’association, NDLR], c’est bien de faire de la science, c’est mieux de la faire connaĂ®tre (…) entre scientifiques, on vit dans un cocon », explique Mathieu Molimard, qui prĂ©cise que l’explosion des pseudo-sciences et des thĂ©ories conspirationnistes ont servi de dĂ©clencheur.

Quoi de nouveau ? Citizen4Science n’est pas la première initiative de la sorte. Qu’offre-t-elle de plus ? « Il s’agit d’une plateforme ouverte Ă  tous et sur toutes les disciplines », rĂ©pond Mathieu Molimard. Si l’association dĂ©marre dans un contexte marquĂ© par la Covid-19 et sa vaccination, elle souhaite s’attaquer Ă  d’autres sujets « sous l’impulsion d’une prof de SVT branchĂ©e climat », raconte Fabienne Pinson.

 « C’est bien de faire de la science, c’est mieux de la faire connaĂ®tre (…) entre scientifiques, on vit dans un cocon ». 
Mathieu Molimard, Citizen4Science

Ouvert à la critique ? En pratique, ce sont des actions de sensibilisation, des événements, ou des formations proposées par des bénévoles de l’association. Un forum privé permettra également aux membres actifs de discuter de science. Mais « accueilleront-ils des propos critiques au nucléaire ou aux biotechnologies ? », s’interroge Yves Sciama, président de l’association des journalistes scientifiques (AJSPI).

Science unique = danger ? Pour le journaliste, les initiatives prĂ©tendant dĂ©fendre “la” science mĂ©ritent quelques prĂ©cautions. Yves Sciama s’explique : « Comment dire quelle est la “bonne science” ? Il n’y a pas une science mais des sciences ». Deux disciplines abordent le mĂŞme problème avec des prismes diffĂ©rents et peuvent ne pas tomber d’accord. De plus, « il se cache souvent derrière [ces initiatives, NDLR] une idĂ©ologie scientiste, très prĂ©sente dans l’industrie », analyse Yves Sciama. Reste maintenant Ă  Citizen4Science Ă  faire ses preuves.

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 Des bénévoles désintéressés ?  
S’il se pose la question de la lĂ©gitimitĂ© des intervenants, celle des leurs conflits d’intĂ©rĂŞt mĂ©rite Ă©galement d’ĂŞtre Ă©voquĂ©e. Deux des fondateurs de Citizen4Science sont en effet cadres de l’industrie pharmaceutique. Pour Mathieu Molimard, « pas de problème tant que c’est transparent ». Fabienne Pinson estime quant Ă  elle qu’il faut être « inclusif sur toute la chaĂ®ne de santĂ©, du citoyen Ă  la recherche acadĂ©mique en passant par l’industrie pharmaceutique ». La prĂ©sidente assure qu’il y aura une gestion des conflits d’intĂ©rĂŞt au sein de cette association Ă  but non lucratif qui sera financĂ©e par les cotisations de ses membres (Ă  partir de 20 euros par an) et des subventions publiques.

Un chiffre “peer-reviewed”

 19 

C’est le nombre d’articles de mauvaise qualité acceptés d’un coup dans Journal of Nanoparticle Research. Comment cela est-il arrivé ? La revue s’est tout simplement faite détourner son système de peer review. L’histoire remonte à septembre 2019 avec la proposition d’un numéro thématique par plusieurs chercheurs. En réalité, il s’agissait d’un faux réseau très bien organisé. Les éditeurs viennent de s’en rendre compte et l’expliquent dans une lettre ouverte.

Un outil bien posé

Quel entrepĂ´t pour vos datas ?

 Besoin d’entreposer vos donnĂ©es ?  Que ce soit pour sauvegarder, pour plus de transparence et permettre la reproductibilitĂ©, ou parfois uniquement par obligation (de votre agence de financement), trouver le bon endroit parmi les 2620 prĂ©sents sur re3data n’est pas forcĂ©ment Ă©vident. Le blog autour de la science ouverte animĂ© par le service des bibliothèques de Pasteur prĂ©sente une sĂ©lection d’entrepĂ´ts dans le domaine biomĂ©dical et propose des critères pour choisir le plus adaptĂ© Ă  vos besoins.

 Des infos en passant   Un appel Ă  projet co-construction des connaissances pour la transition Ă©cologique et solidaire vient d’ĂŞtre lancĂ© par l’Ademe. Celui-ci existe depuis 2018, soutenu par Sciences Citoyennes //////// Ma thèse en 180 secondes Ă©dition 2021, c’est parti ! Les inscriptions se font en local, jusqu’au 25 janvier pour l’UniversitĂ© de Paris par exemple ////////

On vous a transfĂ©rĂ© ce mail ? On est flattĂ©. On le serait encore plus si vous acceptiez de nous tester : cliquez ici ou rĂ©pondez “oui” Ă  ce mail.

//////// Discriminations raciales en recherche biomĂ©dicale : rien n’a changĂ© entre 2011 et 2019 – les chercheurs blancs ont toujours 1,7 fois plus de chance d’être financĂ©s par l’institut amĂ©ricain de la santĂ©. Un appel Ă  l’action vient de paraĂ®tre dans eLife //////// Les vidĂ©os du colloque Le genre en recherche organisĂ© par l’ANR et le Cirad le 15 dĂ©cembre dernier sont en ligne //////// Egalement Ă  Saclay hier, Emmanuel Macron a promis aux Ă©tudiants qu’ils pourront revenir un jour par semaine à l’université quelque soit le niveau (soit une jauge de 20%). FrĂ©dĂ©rique Vidal s’en est rĂ©jouie malgrĂ© un apparent Ă©tonnement //////// 

Votre revue
de presse express

Et pour finir…
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Interruption momentanĂ©e des programmes. Les plus confirmĂ©s d’entre vous se souviennent certainement de la mire, qui apparaissait sur nos bonnes vieilles tĂ©lĂ©s cathodiques. Elle avait en rĂ©alité une fonction, que voici expliquĂ©e.

 

 

 

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